Sunday, 29 April 2012

Les sentiments apparents...

Les sentiments apparents
La légèreté d'approche
La chevelure des caresses.
Sans soucis sans soupçons
Tes yeux sont livrés à ce qu'ils voient
Vus par ce qu'ils regardent.
Confiance de cristal
Entre deux miroirs
La nuit tes yeux se perdent
Pour joindre l'éveil au désir.

Paul Éluard, Nusch

Thursday, 26 April 2012

À perte de vue dans le sens de mon corps...

Tous les arbres toutes leurs branches toutes leurs feuilles
L'herbe à la base les rochers et les maisons en masse
Au loin la mer que ton oeil baigne
Ces images d'un jour après l'autre
Les vices les vertus tellement imparfaits
La transparence des passants dans les rues de hasard
Et les passantes exhalées par tes recherches obstinées
Tes idées fixes au coeur de plomb aux lèvres vierges
Les vices les vertus tellement imparfaits
La ressemblance des regards de permission avec les yeux que tu conquis
La confusion des corps des lassitudes des ardeurs
L'imitation des mots des attitudes des idées
Les vices les vertus tellement imparfaits

L'amour c'est l'homme inachevé.

Paul Éluard, À perte de vue dans le sens de mon corps

Tuesday, 24 April 2012

Demain je te dirai, mon âme, où je te mène...

Si peu d'oeuvres pour tant de fatigue et d'ennui !
De stériles soucis notre journée est pleine :
Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,
Nous pousse, nous dévore, et l'heure utile a fui...

"Demain ! J'irai demain voir ce pauvre chez lui,
"Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine,
"Demain je te dirai, mon âme, où je te mène,
"Demain je serai juste et fort... pas aujourd'hui."

Aujourd'hui, que de soins, de pas et de visites !
Oh ! L'implacable essaim des devoirs parasites
Qui pullulent autour de nos tasses de thé !

Ainsi chôment le coeur, la pensée et le livre,
Et, pendant qu'on se tue à différer de vivre,
Le vrai devoir dans l'ombre attend la volonté.

René-François SULLY PRUDHOMME(1839-1907), Le temps perdu

L'Enfance by Zbigniew Preisner on Grooveshark

Saturday, 21 April 2012

La première poussière ne s’est jamais posée sur les palais que nous soutenions...

Il n’y a pas la première pierre de cette maison dont tu rêvais. Pourtant la première poussière ne s’est jamais posée sur les palais que nous soutenions. Ils avaient des fenêtres doubles, pour nous deux, des lumières constantes et des nuits immenses, ô sentimentale !

Paul Éluard, La Vie immédiate

Thursday, 19 April 2012

Singer... The sewing machine...


Ohhh, the sewing machine, the sewing machine
A girl's best friend
If I didn't having my sewing machine
I'd a-come to no good end
But a bobbin a bobbin and peddle a peddle
And wheel the wheel by day
So by night I feel so weary that I never get out to play

Ohhh, the sewing machine, the sewing machine
A helping hand
If I didn't have my sewing machine
I'd drink to beat the band
But a bobbin a bobbin and peddle a peddle
As busy as a bug
So by night I feel so weary that I can hardly lift a mug

Ohhh, the sewing machine-ah, the sewing machine-ah
A friend in need
If I didn't having my sewing machine
A wicked life I'd lead
But a bobbin a bobbin and peddle a peddle
And dream about romance
So by night I feel so weary that I never get out to dance

Ohhh, the sewing machine, the sewing machine
A pal so dear
If I didn't have my sewing machine
I'd try a stage career
But a bobbin a bobbin and peddle a peddle
Till amateur night comes by
But by then I feel so weary that I haven't the strength to try
Aye-aye-aye-aye, aye-aye-aye-aye

Ohhh-ohhh, the sewing machine-ah, the sewing machine
Me pride and joy
If I didn't having me sewing machine
I'd a-married James McCoy
But a bobbin a bobbin and peddle a peddle
And that's the end of Jim
'Cause by night I get so weary I don't even look good to him

Ohhh, have I got a boss, he looks like a hoss
His name's Joe Gurt
If he didn't own the sewing machine
I'd a kicked him where it hurts
While a bobbin a bobbin and peddle a peddle
He keeps his eyes on me
Why I never never have kicked still remains a mystery

Ohhh, I thread the needle and fix the shuttle
And put in the cloth and pull up the lever
And bobbin a bobbin and peddle a peddle
And wheel the wheel all day
Ohhh, the sewing machine, the sewing machine
The sewing machine, the sewing machine
Is a girl's best friend
This is the end

THE SEWING MACHINE
From the film "The Perils Of Pauline" (1947)
(Frank Loesser)

Betty Hutton (with Joe Lilley & His Orch.) - 1947


Martin Messier | Sewing Machine Orchestra


Tuesday, 17 April 2012

Où je repose la nuit sur un lit de verre...


Pour moi, je continuerai à habiter ma maison de verre, où l'on peut voir à toute heure qui vient me rendre visite, où tout ce qui est suspendu aux plafonds et aux murs tient comme par enchantement, où je repose la nuit sur un lit de verre aux draps de verre, où qui je suis m'apparaîtra tôt ou tard gravé au diamant.

André Breton, Nadja



Monday, 16 April 2012

Le songe se dévide avec une paresse...


Assise, la fileuse au bleu de la croisée
Où le jardin mélodieux se dodeline ;
Le rouet ancien qui ronfle l'a grisée.

Lasse, ayant bu l'azur, de filer la câline
Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
Elle songe, et sa tête petite s'incline.

Un arbuste et l'air pur font une source vive
Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de l'oisive.

Une tige, où le vent vagabond se repose,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
Dédiant magnifique, au vieux rouet sa rose.

Mais la dormeuse file une laine isolée ;
Mystérieusement l'ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

Le songe se dévide avec une paresse
Angélique, et sans cesse, aux doux fuseaux crédule,
La chevelure ondule au gré de la caresse...

Derrière tant de fleurs, l'azur se dissimule,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente, et tu crois languir... Tu es éteinte

Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

Paul Valery, La fileuse

Symphony No. 40 in G Minor by Andante on Grooveshark



Thursday, 12 April 2012

Tell her to reach for the stars...


Words, take her with you
Let her rest in your rhyme
Words, take her away
Somewhere, beyond time

Words, ease her breathing
Lay her softly on the floor
There, let her linger
And listen like ever before

Leave her windows uncovered at night
And fill her room with the city lights
As they illuminate the sky
It reminds her of the people outside
Cause she won't sleep unless she heals her loneliness

Walk with her beneath the tree tops
Create new paths and memories
Show her, how the sunlight
Glances through the gaps between the leaves

Words, help her change the world
In only one verse
Tell her to reach for the stars
And to always put love first

Leave her windows uncovered at night
And fill her room with the city lights
As they illuminate the sky
It reminds her of the people outside
It reminds her of the people
It reminds her of the people
It reminds her of the people outside

Ane Brun, Words

Words by Ane Brun on Grooveshark


Wednesday, 11 April 2012

To let myself flow...


To let myself go
To let myself flow
Is the only way of beeing
There´s no use telling me
There´s no use taking a step back
A step back for me

Ane Brun, To Let Myself Go

To Let Myself Go by Ane Brun on Grooveshark


Saturday, 7 April 2012

Spoken words like moonlight...


daddy's ghost behind you
sleeping dog beside you
you're a poem of mystery
you're the prayer inside me

spoken words like moonlight
you're the voice that i like

needlework & seedlings
in the way you're walking
to me from the timbers
faded from the winter

Iron & Wine, Faded From The Winter

Faded From The Winter by Iron And Wine on Grooveshark


Thursday, 5 April 2012

La ville cousue de fil blanc...



La ville cousue de fil blanc.
Les toits portants cheminées,
Le ciel parallèle aux rues,
Les rues,
La fumée sur les trottoirs,
TROUVAILLE.

Des pas les uns vers les autres,
Le soleil ou la lumière,
Souvenirs de ville,
L'HEURE à L'HEURE,
Du matin, de midi au soir,

Façades et boutiques,
Des lumières pliées dans des vitres,
VEILLER.

Ailleurs,
La nuit enfermée dans la nuit,
Les chiens aboyant à la nuit des chats,
LA FATIGUE.

Paul Éluard, Air noir

04 - Préludes, 1er livre IV. _Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir_ - modéré by Claude Debussy on Grooveshark

Monday, 2 April 2012

Plus petite qu'un empire...


Habitude de marcher,
Habitude de courir,
Terre couverte et découverte,
Plus petite qu'un empire,
Bien étendue,
Mienne ici et là,
Ailleurs aussi,
Avec le geste pour rire
De cueillir
Les arbres et les promeneurs,
Leurs ombres et leurs cannes,
Le sol partout divisé.

Paul Éluard, Promenade