Monday, 19 December 2011

Dans les vases de marbre...


Dans ce jardin antique où les grandes allées
Passent sous les tilleuls si chastes, si voilées(...)

Où, marquant tous ses pas de l'aube jusqu'au soir,
L'heure met tour à tour dans les vases de marbre
...les ombres de l'arbre(...)

Victor Hugo, Dans ce jardin antique où les grandes allées


Officium by Zbigniew Preisner on Grooveshark

Wednesday, 14 December 2011

The City In The Sea...


No rays from the holy heaven come down
On the long night-time of that town;
But light from out the lurid sea
Streams up the turrets silently-
Gleams up the pinnacles far and free-
Up domes- up spires- up kingly halls-
Up fanes- up Babylon-like walls-
Up shadowy long-forgotten bowers
Of sculptured ivy and stone flowers-
Up many and many a marvellous shrine
Whose wreathed friezes intertwine
The viol, the violet, and the vine.
Resignedly beneath the sky
The melancholy waters lie.
So blend the turrets and shadows there
That all seem pendulous in air,
While from a proud tower in the town
Death looks gigantically down.

Edgar Allan Poe, The City In The Sea

Sonata for Solo Violin, Sz 114 (1944) by Béla Bartók on Grooveshark

Friday, 2 December 2011

La largeur des terres

Le petit livre de Gaëna ouvre ses pages et s'envole...


Entre le corps et l'âme, il n'y a qu'un souffle, qu'une haleine fraîche de givre dans le matin et le soleil qui passe...


Friday, 25 November 2011

The Sound of the Trees...


I wonder about the trees.
Why do we wish to bear
Forever the noise of these
More than another noise
So close to our dwelling place?
We suffer them by the day
Till we lose all measure of pace,
And fixity in our joys,
And acquire a listening air.
They are that that talks of going
But never gets away;
And that talks no less for knowing,
As it grows wiser and older,
That now it means to stay.
My feet tug at the floor
And my head sways to my shoulder
Sometimes when I watch trees sway,
From the window or the door.
I shall set forth for somewhere,
I shall make the reckless choice
Some day when they are in voice
And tossing so as to scare
The white clouds over them on.
I shall have less to say,
But I shall be gone.

Robert Frost, The Sound of the Trees



Tin Hat - Old World

Monday, 14 November 2011

A Day Dream...


My eyes make pictures when they're shut:--
I see a fountain large and fair,
A Willow and a ruined Hut,
Bend over us, like a bower, my beautiful green Willow!

Samuel Taylor Coleridge


Impromptu in Blue by Kevin MacLeod on Grooveshark

Sunday, 6 November 2011

Adieu | Coeur de Pirate


Tu ris si mal, tu ris de vide
Des taches de vin sur ta chemise
Qui a deux boutons éclatés
Sur ton corps qui me repoussait
Tu fais l’amour en deux poussées
L'amant le manque l'a tourné (????)
Et pendant que tu t’articules
Moi je soupire et toi tu me
Menaces de partir
Parce que je hurle
Quand tu chantes tes souvenirs
Eh bien chéri
Prends donc la porte
Car tu sais que plus rien ne me va
Mais dis moi adieu demain
Mais dis moi adieu en chemin
Va voir les autres, je n’en pense rien
Je t’ai aimé mais je t’assure que c’est la fin
Crois-tu pouvoir enfin me dire
Que tu veux bien qu’on reste amis
Non c’est gentil, ça va comme ça
Des amis j’en ai plein déjà
Je n’aurai donc plus à t’entendre
Rentrer la nuit quand j’attends l’aube
Qui arrive en poussant les heures
Moi je me lève et toi tu me
Menaces de partir
Parce que je hurle
Quand tu chantes tes souvenirs
Eh bien chéri
Prends donc la porte
Car tu sais que plus rien ne me va
Mais dis moi adieu demain
Mais dis moi adieu en chemin
Va voir les autres, je n’en pense rien
Je t’ai aimé mais je t’assure que c’est la fin
Mais dis moi adieu demain
Mais dis moi adieu en chemin
Va voir les autres, je n’en pense rien
Je t’ai aimé mais je t’assure que c’est la fin

Coeur de pirate, Adieu



Friday, 4 November 2011

With a flower......


I hide myself within my flower,
That wearing on your breast,
You, unsuspecting, wear me too --
And angels know the rest.

I hide myself within my flower,
That, fading from your vase,
You, unsuspecting, feel for me
Almost a loneliness.

Emily Dickinson, With a flower


Tuesday, 1 November 2011

In a pile of dead leaves and a moon...


No shadow no stars
no moon no cars
November
it only believes
in a pile of dead leaves
and a moon
that's the color of bone

No prayers for November
to linger longer
stick your spoon in the wall
we'll slaughter them all

November has tied me
to an old dead tree
get word to April
to rescue me
November's cold chain

Made of wet boots and rain
and shiny black ravens
on chimney smoke lanes
November seems odd
you're my firing squad
November

With my hair slicked back
with carrion shellac
with the blood from a pheasant
and the bone from a hare
tied to the branches
of a roebuck stag
left to wave in the timber
like a buck shot flag

Go away you rainsnout
go away blow your brains out
November

Tom Waits


Monday, 31 October 2011

Gorgées de lumière...


Quelquefois, des échappées magnifiques, gorgées de lumière et
de couleur, s'ouvrent soudainement dans ses paysages,
et l'on voit apparaître au fond de leurs horizons des
villes orientales et des architectures, vaporisées par la
distance, où le soleil jette des pluies d'or.

Edgar Poe, sa vie et ses œuvres, IV.


Saturday, 29 October 2011

Les premiers flocons...


I stood and watched by the window
The noiseless work of the sky,
And the sudden flurries of snow-birds,
Like brown leaves whirling by...

James Russell Lowell, The First Snowfall


Wednesday, 19 October 2011

Peau de givre...


Peau de givre... par Gaëna da Sylva |

Merci à vous qui avez navigué avec moi sur les vagues papier. Merci à tous ceux qui se sont procuré le livre...

Friday, 7 October 2011

La nuit s'est fermée...


Musique: Charlie Beresford et Mark Emerson | Five Turnings | Circling, from Afternoon Improvisations


Quand la nuit s’est fermée, réduisant la mer à son langage de clapotis, claquements de gueule, mâchouillement obscur entre les ventres des bateaux amarrés, l’immensité marine à un petit mur noir, bas et vertical contre le ciel, le scandale du bleu et de l’or à des feux de jetée, (...) alors nous découvrons que notre port est un tout petit port.

Colette, La naissance du jour



Wednesday, 5 October 2011

In the shady sadness of a vale...


Deep in the shady sadness of a vale
Far sunken from the healthy breath of morn,
Far from the fiery noon, and eve’s one star...

John Keats, Hyperion


Monday, 3 October 2011

Des odorants frissons que le vent éparpille...

Musique: Charlie Beresford

- Et mon fixe regard qui veille dans la nuit
Sait un caveau secret que la myrrhe parfume,
- Je vais buvant l'haleine et les fluidités
Des odorants frissons que le vent éparpille...

Anna de Noailles, Les parfums

Dive par Charlie Beresford Charlie Beresford, Dive

Saturday, 1 October 2011

The notes flowed up, translating to the heart...

Musique: Charlie Beresford et Mark Emerson | Five Turnings | Before This, from Afternoon Improvisations


In the beginning was the word, the word
That from the solid bases of the light
Abstracted all the letters of the void;
And from the cloudy bases of the breath
The word flowed up, translating to the heart
First characters of birth and death.

In the beginning was the secret brain.
The brain was celled and soldered in the thought
Before the pitch was forking to a sun;
Before the veins were shaking in their sieve,
Blood shot and scattered to the winds of light
The ribbed original of love.

Dylan Thomas, In the Beginning


Tuesday, 27 September 2011

And every leaf of bush and weed is tipt with autumn’s pencil now...


The summer-flower has run to seed,
And yellow is the woodland bough;
And every leaf of bush and weed
Is tipt with autumn’s pencil now.

And I do love the varied hue,
And I do love the browning plain;
And I do love each scene to view,
That’s mark’d with beauties of her reign.

John Clare, Autumn


Thursday, 22 September 2011

L’école buissonnière...


En sortant de l'école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré (...)

Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires
des cinq doigts de la main
tournant ma manivelle
d'un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins (...)

Jacques Prévert


Monday, 19 September 2011

Every blossom is an apple...


Nous allions au verger cueillir des bigarreaux.
Avec ses beaux bras blancs en marbre de Paros
Elle montait dans l'arbre et courbait une branche ;
Les feuilles frissonnaient au vent ; sa gorge blanche,
O Virgile, ondoyait dans l'ombre et le soleil ;
Ses petits doigts allaient chercher le fruit vermeil,
Semblable au feu qu'on voit dans le buisson qui flambe.
Je montais derrière elle ; elle montrait sa jambe,
Et disait : «Taisez-vous ! » à mes regards ardents ;
Et chantait. Par moments, entre ses belles dents,
Pareille, aux chansons près, à Diane farouche,
Penchée, elle m'offrait la cerise à sa bouche ;
Et ma bouche riait, et venait s'y poser,
Et laissait la cerise et prenait le baiser.

Triel, juillet 18...

Victor Hugo, Nous allions au verger.


Niépce : Correspondance et papiers


«Cette édition en ligne revue et corrigée de NIEPCE, correspondance et papiers consiste en un corpus de plus de sept cents documents provenant de cinquante services d’archives mondiaux ; de notes de bas de pages riches de milliers de références ; d’un index de noms de personnes de plus de trois mille noms ; doté de modules de recherches multicritères et croisées.

Traits d'Histoire exhumés, secrets domestiques révélés, pages recollées de l'histoire des sciences rendent captivantes les confidences de l’inventeur de la photographie et du moteur à combustion interne Joseph-Nicéphore Niépce (1765-1833).
Bien plus, leur singularité confère à NIEPCE, correspondance et papiers une place privilégiée. Mieux qu’un cahier de laboratoire, ces lettres écrites pour la plupart à des proches, dans un cadre très privé, font entrer dans l’intimité de l’inventeur, au coeur de ses échecs, de ses erreurs, de ses doutes, mais aussi de ses espoirs et de ses réussites révélatrices de sa créativité et de son ingéniosité. La correspondance ne cache rien. Ici sont exposées les qualités mais aussi les faiblesses qui d’habitude sont gommées dans les récits des inventeurs. Pour le chercheur contemporain, la lecture des lettres de Niépce est unique.»

Musée Maison Nicéphore Niépce

Thursday, 15 September 2011

Je descendais quelques arpèges... Francis Cabrel...




Paris-Québec sous les étoiles | Générale | 7 juillet 2011
Adossé à un chêne liège,
Je descendais quelques arpèges
En priant Dieu bout d'art que sais-je,
Est ce que tu penses à nous un peu.

Le monde est aux mains de stratèges
Costume noir, cravate beige
Ou turban blanc comme la neige
Qui joue de bien drôles de jeux.

Il y a dans nos attelages
Des gens de raison, de courage,
Dans tous les camps de tous les âges
Dont le seul rêve est d'être heureux.

On a dressé des cathédrales,
Des flèches à toucher les étoiles,
Dit des prières monumentales,
Qu'est- ce qu'on pouvait faire de mieux.

Etes vous là, êtes vous proche
Ou trop loin pour entendre nos cloches
Ou gardez vous les mains dans les poches
Ou est-ce vos larmes quand il pleut.

D'en haut de vos très blanches loges
Les voyez vous qui s'interrogent
Millions de fourmis qui pataugent
La tête tournée vers les cieux.

Sommes nous seul dans cette histoire,
Les seuls à continuer à croire ,
Regardons nous vers le bon phare
Où le ciel est t-il vide et creux.

Adossé à un chêne liège
Pris comme dans les fils d'un piège
Je descendais quelques arpèges
Je n'avais rien trouvé de mieux.

Où êtes vous dans l'atmosphère,
On vous attend on vous espère,
Mais c'est le doute et le mystère
Que vous m'aurez appris le mieux.

Adossé à un chêne liège
Je descendais quelques arpèges
Par un après-midi pluvieux.

Je descendais quelques arpèges
par un après-midi pluvieux.

Francis Cabrel, Le Chêne Liège


Wednesday, 7 September 2011

My Blue Heaven...


Whippoorwills call, evenin' is night
Hurry to my Blue Heaven
Turn to the right, there's a little white light
Will lead you to my Blue Heaven

You'll see a smilin' face, a fireplace, a cozy room
Little nest that nestles where the roses bloom

Molly and me, and the baby makes three
We're happy in my, in my Blue Heaven

You're gonna see a smilin' face, fireplace, cozy room
And a little nest nestled where the roses bloom

Just Molly and me, and the baby is three
We're so happy in my Blue Heaven
We're happy in my Blue Heaven
We're happy in my Blue Heaven!

Leon Redbone, My Blue Heaven

Musique: Walter Donaldson. Paroles: George A. Whiting

Sunday, 4 September 2011

Il fait sous le marteau voler les étincelles...


Dans un recoin rougi d’une chaude lueur,
La manche retroussée et le front en sueur,
Le vaillant forgeron frappe sur son enclume.

Devant l’objet qui naît de son effort vainqueur,
Au feu de la fierté souvent son œil s’allume.

Et, loin de l’atelier, l’Homme semble en exil,
Et, comme quelque oiseau blessé, traîne les ailes.

Mais il est rayonnant, il est superbe à voir,
Lorsque dans la pénombre, à l’approche du soir,
Il fait sous le marteau voler les étincelles.

William Chapman

Tuesday, 30 August 2011

Chasing Memory...


Fin d'été
Le bruissement des feuilles
Dans la branche agitée
Est cri sourd de forêt
Que la nuée recueille.

Un murmure discret
Comme un soupir en deuil
À moins qu'elle n'effeuille
Chant que vent porterait.

En languissant regret
De l'automne à son seuil
Par l'été en retrait.

Maryse Gevaudan

Monday, 18 July 2011

Thomas Fersen...


Apprenant que les gendarmes recherchaient un vagabond,
Une brave dame m'a caché sous son jupon,
Quelquefois, je l'admets, j'ai couché sous un pont,
Mais je n'avais encore jamais logé sous un jupon.

Comme sous ce jupon, il faisait doux, il faisait bon,
Comme sous ce jupon, il faisait noir comme du charbon.
Comme il faisait nuit, je me suis endormi,
Je me suis endormi comme si j'étais dans un bon lit.

Ma nuit s'est conclue par un réveil au clair de lune,
En ne sachant plus dans quel pays, dans quel commune.

J'ai couché je l'admet, parfois au clair de lune,
Mais je ne l'avais encore jamais vue de ce volume.

Je suis dans le néant, je ne reconnais pas la chambre,
Ce parfum d'océan mêlé à une pointe d'ambre.

J'ai dormi, je l'admets, parfois dans un fossé,
J'ai dormi, je l'admets, quelquefois sans me déchausser.

Ai-je fait relâche chez les bédouins, en Arabie ?
Ai-je fait relâche chez les Apaches, sous un tipi ?
Parfois j'ai campé, j'ai dormi sur des canapés,
J'ai dormi, je l'admets, quelquefois sans me désaper.

Après tout je me plaît dans ce campement de fortune,
J'vais poser un collet, j'ai vu un lapin dans les dunes,
Mes autres résidences ne valaient pas un radis,
Et de toute évidence ici je suis au paradis.


Thomas Fersen, Parfois Au Clair De Lune

Saturday, 16 July 2011

Au fond des yeux, l'orchestre des flots bleus...

L'aurore, les matins, les brises, les feuillages,
Les cieux, frais et bombés comme un cloître vivant,
Les cieux qui, même alors que l'été les ravage,
Contiennent la splendeur immobile des vents,
«Tu les verras au bord des visages qui rêvent,
Où la pâleur ressemble à des soleils couchants,
Au fond des yeux, tremblants comme un lac où se lève
L'orchestre des flots bleus, des rames et des chants!

Anna de Noailles, Le monde intérieur

Monday, 11 July 2011

J'sais pas si tu comprends comment j'me sens...



Paris-Québec sous les étoiles | Générale | 7 juillet 2011

J'ai douze ans maman
J'ai perdu du sang
J'suis plus une enfant
Pour qui tu m'prends?
Faut que j'me dépêche de vivre ma vie maman
J'ai déjà trouvé mon premier cheveu blanc

J'ai douze ans maman
J'ai pas beaucoup d'temps
J'sais pas si tu comprends
Comment j'me sens
Quand j'vois passer des fusées dans l'firmament
J'me dis qu'on va y goûter avant longtemps
Quand j'r'garde la télévision
On parle seulement de pollution
Et de surpopulation
P't'êt' que la bombe à neutrons
Ce sera l'meilleur remède
Contre la misère sur la terre

Naturellement
Tu r'gardes seulement les téléromans maman
Tu sais pas c'qui s'passe dans l'univers

J'ai douze ans maman
J'ai besoin d'argent
J'pourrais m'prendre un amant
Comme dans ton temps
Qu'est-c'que j'vas faire?
Pour gagner ma vie maman
J'veux pas étudier pour rien jusqu'à trente ans

Aujourd'hui à l'école on nous a parlé
Des possibilités de vie
Dans les autres galaxies
Oui
On nous a aussi montré
Un film où on voyait
Comment copulent les libellules

C'est quoi la vie?
J'ai pas envie
D'avoir d'enfants maman
Faut que j'commence à prendre la pilule

J'ai douze ans maman
J'ai pas beaucoup d'temps
J'sais pas si tu comprends
Comment j'me sens
Quand j'vois passer des fusées dans l'firmament
J'espère qu'un jour je pourrai partir dedans
J'ai douze ans maman


Diane Dufresne...

Paroles: Luc Plamondon. Musique: Germain Gauthier


Sunday, 10 July 2011

The Secret Garden...

It was the sweetest, most mysterious-looking place any one could imagine. The high walls which shut it in were covered with the leafless stems of climbing roses which were so thick that they were matted together. Mary Lennox knew they were roses because she had seen a great many roses in India. All the ground was covered with grass of a wintry brown and out of it grew clumps of bushes which were surely rosebushes if they were alive. There were numbers of standard roses which had so spread their branches that they were like little trees. There were other trees in the garden, and one of the things which made the place look strangest and loveliest was that climbing roses had run all over them and swung down long tendrils which made light swaying curtains, and here and there they had caught at each other or at a far-reaching branch and had crept from one tree to another and made lovely bridges of themselves. There were neither leaves nor roses on them now and Mary did not know whether they were dead or alive, but their thin gray or brown branches and sprays looked like a sort of hazy mantle spreading over everything, walls, and trees, and even brown grass, where they had fallen from their fastenings and run along the ground. It was this hazy tangle from tree to tree which made it all look so mysterious. Mary had thought it must be different from other gardens which had not been left all by themselves so long; and indeed it was different from any other place she had ever seen in her life.

...she was inside the wonderful garden and she could come through the door under the ivy any time and she felt as if she had found a world all her own.


Frances Hodgson Burnett, The Secret Garden




Zbigniew Preisner, Awakening Of Spring

Tuesday, 5 July 2011

Et le jour traîne ainsi sa parfaite beauté...


Je retrouve le calme et vaste paysage:
C'est toujours sur les monts, les routes, les rivages,
Vos gais bondissements, chaleur aux pieds d'argent!
Le monde luit au sein de l'azur submergeant
Comme une pêcherie aux mailles d'une nasse;
Je vois, comme autrefois, sur le bord des terrasses,
Des jeunes gens; l'un rêve, un autre fume et lit;
Un balcon, languissant comme un soir au Chili,
Couve d'épais parfums à l'ombre de ses stores.
Le lac, tout embué d'avoir noyé l'aurore,
Encense de vapeurs le paresseux été;
Et le jour traîne ainsi sa parfaite beauté
Dans une griserie indolente et muette.


Anna de Noailles, Le retour au lac Léman

Sunday, 3 July 2011

Qu'ai-je à faire de vous qui êtes éphémère...


Qu'ai-je à faire de vous qui êtes éphémère,
Trop douce matinée, éther bleuâtre et chaud,
O jubilation insensée et légère
D'un moment que le temps engloutira si tôt?

Je vois que le lac tiède est comme une corbeille,
Immobile et rêvant, et si chargé d'azur
Qu'il cherche à déverser son poids luisant et pur,
Et que le vert feuillage a des bouquets d'abeilles!

Je vois de blancs oiseaux, comme des nénuphars
Se poser sur les flots que l'air croise et décroise,
Et les parfums monter, tranchants comme des dards,
Dans l'azur frais, couleur de gel et de turquoise!

Les jardins ont l'aspect calme des paradis,
Partout c'est le repos, le bourdonnant silence;
Un matinal parfum de joie et d'abondance
Exhale tendrement l'attente de midi.

Qu'est-ce donc qui m'empêche, ô terre complaisante,
Doux éther caressant, sourire bleu des flots,
Nature sans mémoire et toujours renaissante,
De rentrer dans votre ample et sinueux complot?

Ma jeunesse est en vous, les arbres, le rivage,
Le temps qui se balance et ne s'écoule pas,
Les matins toujours gais, les soirs pensants et sages
Ont gardé mes regards, mes rêves et mes pas;

Mais moi j'ai poursuivi la route, je dépasse
Votre extase alanguie et votre enchantement,
J'habite un continent dispersé dans l'espace,
Où l'âme a son domaine et son déchaînement.

Pays sans arbre, et plus dévasté que la lune,
Où sont les souvenirs, les morts, les passions,
Et, brûlante douleur parmi les infortunes,
Les tragiques matins de nos déceptions.

Mais aujourd'hui, ayant goûté toute amertume,
Je suis sans volonté; les mouvements du sort,
Amenant à mes pieds la vague et son écume,
Font un long bercement qui me lasse et m'endort.

Les brouillards ont glacé la Sibylle de Cumes!

—O désir! J'ai connu votre soif, votre faim,
Vos passions de l'âme et vos brûlants théâtres;
Mais l'incendie altier et mortel s'est éteint;
Nous sommes à présent, mon coeur et le destin,
Comme deux ennemis qui, s'estimant enfin,
Cessent de se combattre…


Anna de Noailles, Qu'ai-je à faire de vous...



A. Marcello, Concerto pour hautbois

Friday, 24 June 2011

Sous une lune d'opale, nous avons ouvert le bal...


Cette nuit dans mon sommeil
Je t'ai enlevé de ta tour
J'avais dérobé l'soleil
Pour que jamais n'vienne le jour
Nous courions dans les prairies
Mes rubans volaient au vent
Nous avons bu dans nos mains
A la source du matin

A la porte d'un château
Nous sommes entrés sans frapper
Des lutins tambours au dos
Nous attendaient pour danser
Sous une lune d'opale
Nous avons ouvert le bal
Moi qui ai jamais su danser
J'ai dansé à perdre pied

Puis rendus à l'horizon
De beaux anges à cheveux longs
Ont avancé un nuage
Et nous ont poussé au large
On voyait d'en haut la terre
Toute noire, pleine de misère
Toi tu as dit: " C'est nos frères
Redonnons-leur la lumière ! "

Donc nous sommes redescendus
Puisque le soleil je l'avais
A la foule je t'ai rendu
Et le matin s'est refait
J'ai la promesse des anges
Qu'après le jug'ment dernier
On r'prendra ce bal étrange
Et pour toute l'éternité


Félix Leclerc, Le bal...

Wednesday, 22 June 2011

Places of nestling green for Poets made...


I stood tip-toe upon a little hill,
The air was cooling, and so very still.
That the sweet buds which with a modest pride
Pull droopingly, in slanting curve aside,
Their scantly leaved, and finely tapering stems,
Had not yet lost those starry diadems
Caught from the early sobbing of the morn.
The clouds were pure and white as flocks new shorn,
And fresh from the clear brook; sweetly they slept
On the blue fields of heaven, and then there crept
A little noiseless noise among the leaves,
Born of the very sigh that silence heaves:
For not the faintest motion could be seen
Of all the shades that slanted o'er the green.
There was wide wand'ring for the greediest eye,
To peer about upon variety;
Far round the horizon's crystal air to skim,
And trace the dwindled edgings of its brim;
To picture out the quaint, and curious bending
Of a fresh woodland alley, never ending;
Or by the bowery clefts, and leafy shelves,
Guess were the jaunty streams refresh themselves.
I gazed awhile, and felt as light, and free
As though the fanning wings of Mercury
Had played upon my heels: I was light-hearted,
And many pleasures to my vision started;
So I straightway began to pluck a posey
Of luxuries bright, milky, soft and rosy.


John Keats, Places of nestling green for Poets made. (Story of Rimini)


Tuesday, 21 June 2011

... des bouquets de satin blanc...


D'un gradin d'or, - parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil, - je vois la digitale s'ouvrir sur un tapis de filigranes d'argent, d'yeux et de chevelures.

Des pièces d'or jaune semées sur l'agate, des piliers d'acajou supportant un dôme d'émeraudes, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis entourent la rose d'eau.

Tels qu'un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.


Arthur Rimbaud, Fleurs

Sunday, 19 June 2011

I saw the light today...


I saw the light today
Silence loud and wind so long
The quiet building in the dark
Surrender to the game
I saw the light today...


Eddie Vedder, Light today

Thursday, 16 June 2011

...et les lotus des fleuves indiens...


Tu vis, je bois l'azur qu'épanche ton visage,
Ton rire me nourrit comme d'un blé plus fin,
Je ne sais pas le jour, où, moins sûr et moins sage,
Tu me feras mourir de faim.

Solitaire, nomade et toujours étonnée,
Je n'ai pas d'avenir et je n'ai pas de toit,
J'ai peur de la maison, de l'heure et de l'année
Où je devrai souffrir de toi.

Même quand je te vois dans l'air qui m'environne,
Quand tu sembles meilleur que mon coeur ne rêva,
Quelque chose de toi sans cesse m'abandonne,
Car rien qu'en vivant tu t'en vas.

Tu t'en vas, et je suis comme ces chiens farouches
Qui, le front sur le sable où luit un soleil blanc,
Cherchent à retenir dans leur errante bouche
L'ombre d'un papillon volant.

Tu t'en vas, cher navire, et la mer qui te berce
Te vante de lointains et plus brûlants transports.
Pourtant, la cargaison du monde se déverse
Dans mon vaste et tranquille port.

Ne bouge plus, ton souffle impatient, tes gestes
Ressemblent à la source écartant les roseaux.
Tout est aride et nu hors de mon âme, reste
Dans l'ouragan de mon repos!

Quel voyage vaudrait ce que mes yeux t'apprennent,
Quand mes regards joyeux font jaillir dans les tiens
Les soirs de Galata, les forêts des Ardennes,
Les lotus des fleuves indiens?


Anna de Noailles, Tu vis, je bois l'azur...



Agnes Obel - Wallflower

Monday, 13 June 2011

Espace où mon regard se meurt de volupté...


Comme un sublime fruit qu’on a de loin lancé,
La matinée avec son ineffable extase
Sur mon coeur enivré tombe, s’abat, s’écrase,
Et mon plaisir jaillit comme un lac insensé!

– O pulpe lumineuse et moite du ciel tendre,
Espace où mon regard se meurt de volupté,
O gisement sans fin et sans bord de l’été,
Azur qui sur l’azur vient reluire et s’étendre,

Coulez, roulez en moi, détournez dans mon corps
Tout ce qui n’est pas vous, prenez toute la place,
Déjà ce flot d’argent m’étouffe, me terrasse,
Je meurs, venez encor, azur! venez encor…


Anna de Noailles, Azur, Les Éblouissements (1907)


Fauré - Après un rêve - Kiri Te Kanawa

Wednesday, 8 June 2011

A baby sleeps in all our bones, so scared to be alone...


There are times that walk from you like some passing afternoon
Summer warmed the open window of her honeymoon
And she chose a yard to burn but the ground remembers her
Wooden spoons, her children stir her Bougainvillea blooms

There are things that drift away like our endless, numbered days
Autumn blew the quilt right off the perfect bed she made
And she's chosen to believe in the hymns her mother sings
Sunday pulls its children from their piles of fallen leaves

There are sailing ships that pass all our bodies in the grass
Springtime calls her children 'till she let's them go at last
And she's chosen where to be, though she's lost her wedding ring
Somewhere near her misplaced jar of Bougainvillea seeds

There are things we can't recall, blind as night that finds us all
Winter tucks her children in, her fragile china dolls
But my hands remember hers, rolling 'round the shaded ferns
Naked arms, her secrets still like songs I'd never learned

There are names across the sea, only now I do believe
Sometimes, with the windows closed, she'll sit and think of me
But she'll mend his tattered clothes and they'll kiss as if they know
A baby sleeps in all our bones, so scared to be alone


Iron & Wine, Passing Afternoon

Sunday, 5 June 2011

Et la vie, dans ce silence...


La paix est dans le bois silencieux et sur
les feuilles en sabre qui coupent l’eau qui coule,
l’eau reflète, comme en un sommeil, l’azur
pur qui se pose à la pointe dorée des mousses.

Je me suis assis au pied d’un chêne noir
et j’ai laissé tomber ma pensée. Une grive
se posait haut. C’était tout. Et la vie,
dans ce silence, était magnifique, tendre et grave...


Francis Jammes, La paix est dans le bois



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Thursday, 2 June 2011

Le paradis à notre étage...


Dans ce nid qu'il fera donc bon et qu'il fera chaud
Nous serons heureux comm' deux petits poissons dans l'eau
Nous nous aimerons le jour, la nuit, l'été, l'hiver
Nous boirons dans le même verre
Les voisins diront "quels sont ces amoureux
Qui comm' des pinsons chantent là-haut rien que pour eux ?"
Et nous aurons loin des commères et des commérages
Le paradis à notre étage

Un baiser, ça veut dire je vous aime
Un baiser, c'est donner son coeur lui-même
Un baiser, quand on s'aime il faut l'oser
Accordez-moi un baiser
Un baiser et puis l'on n'est plus les mêmes
Un baiser, c'est donner son coeur lui-même
Un baiser c'est un lien qui lie deux coeurs
Pour ne former qu'un bonheur.

La nuit est belle
Mademoiselle
La lune brille
Petite fille
Laissez-vous faire
Faites-moi taire
En m'embrassant
Bien tendrement

Un baiser, ça veut dire je vous aime
Un baiser, et puis l'on est plus les mêmes
Un baiser d'un taudis dans une cour
Fait un petit nid d'amour


Interprétée par Jean Sablon, Un baiser

Wednesday, 25 May 2011

La jeune fille à la perle...


As the house grew still, I remained in my chair. It was easier to sit there then do what I had to do. When I could not delay any longer, I got up and first peeked at the painting. All I could really
see now was the great hole where the earring should go, which I would have to fill.

I took up my candle, found the mirror in the storeroom, and climbed to the attic. I propped the mirror against the wall on the
grinding table, and set the candle next to it. I got out my needle case and, choosing the thinnest needle, set the tip in the flame of the candle. Then I opened the bottle of clove oil, expecting it to
smell foul, of mould or rotting leaves, as remedies often do. Instead it was sweet and strange, like honeycakes left out in the sun. It was from far away, from places Frans might get to on his ships. I shook a few drops onto a rag, and swabbed my left
earlobe. The apothecary was right - when I touched the lobe a few minutes later, it felt as if I had been out in the cold without wrapping a shawl around my ears.

I took the needle out of the flame and let the glowing red tip change to dull orange and then to black. When I leaned towards
the mirror I gazed at myself for a moment. My eyes were full of liquid in the candlelight, glittering with fear.

Do this quickly, I thought. It will not help to delay.

I pulled the earlobe taut and in one movement pushed the needle through my flesh.

Just before I fainted I thought, I have always wanted to wear pearls.

Tracy Chevalier, Girl With A Pearl Earring


Marin Marais - Plainte - Sophie Watillon

Monday, 23 May 2011

I’m old fashioned...


I’m old fashioned, I love the moonlight
I love the old fashioned things
The sound of rain upon a window pane
The starry song that April sings
This years fancies are passing fancies
But sighing sighs, holding hands
These my heart understands

I’m old fashioned but I don’t mind it
That’s how I want to be...


Johnny Mercer, I'm Old Fashioned



Chet Baker, Musique : Jerome Kern, paroles: Johnny Mercer.

Friday, 20 May 2011

Shawn Phillips | Théâtre Le Petit Champlain | Québec | 14 mai 2011


Shawn Phillips | Official Website | © All images are copyright.

I wish to thank Mr Phillips for his generosity and this wonderful moment. And also Mr Arlo Hennings, Shawn Phillips' manager, for his kindness...

Galerie d'images...

And the saving grace of a Marlin's break
Is an insight that's so good to know
And the sun makes diamonds all over the water
And off in the distance is snow

On the bitter cold crags of a mountain's face
I waited for something to feel
And the breathing of love
Came and fostered my brow
And left serendipity peace


Shawn PHILLIPS, Serendipity Peace



Shawn PHILLIPS, Serendipity Peace, Vidéo| Scott Rode

Tuesday, 17 May 2011

Shawn Phillips | Théâtre Le Petit Champlain | Québec | 14 mai 2011


Shawn Phillips | Official Website | © All images are copyright.

I wish to thank Mr Phillips for his generosity and this wonderful moment. And also Mr Arlo Hennings, Shawn Phillips' manager, for his kindness...

Galerie d'images...



Shawn Phillips - L Ballade

Thursday, 12 May 2011

Ce n’est pas trop que de naître et de créer chaque jour...


Est-ce ma dernière maison, celle qui me verra fidèle, celle que je n’abandonnerai plus ? (...)

Fins fauteuils à bras fuselés, rustiques comme des paysannes aux attaches délicates, assiettes jaunes chantant comme cloches sous le doigt plié, plats blancs épaissis d’une crème d’émail, nous retrouvons ensemble, étonnés, un pays qui est le nôtre. (...)

Elle se levait tôt, puis plus tôt, puis encore plus tôt. Elle voulait le monde à elle, et désert, sous la forme d’un petit enclos, d’une treille et d’un toit incliné.(...)

Ce n’est pas trop que de naître et de créer chaque jour.

Colette



Billy Cowie, Seven songs without words for cello and piano (WeiWei)

Tuesday, 10 May 2011

...et de ma connivence avec le premier souffle accouru...


À trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par mon poids baignait d'abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J'allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C'est sur ce chemin, c'est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d'un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion…

Colette, Sido



Billy Cowie-Romance (Par WeiWei)

Thursday, 5 May 2011

La nuit se prolongeant comme un paisible soir...


La barque s'enfuyait sur l'onde fugitive ;
La nuit se prolongeant comme un paisible soir
A la lune du ciel pâle, méditative,
Prêtait un doux abri dans son vêtement noir ;

Dans le lointain brumeux une cloche plaintive
Soupire un son pieux au clocher du manoir ;
Le saint bruit vient passer à l'oreille attentive,
Comme une ombre que l'oeil croit parfois entrevoir ;

A la pieuse voix la nacelle docile
Sur l'onde qui frémit s'arrête, puis vacille,
Et sur le flot dormant, sans l'éveiller, s'endort ;

Le nautonnier ému d'une main rude et digne
Courbe son front ridé, dévotement se signe...
Et la barque reprend sa marche vers le port.


Jules VERNE, La cloche du soir



Olafur Arnalds - Erla's waltz