Saturday, 25 December 2010

Trois flocons de neige...


«L'enfance c'est de croire qu'avec le sapin de Noël et trois flocons de neige, toute la terre est changée.»

André Laurendeau



Sting, Cold song...

Sunday, 5 December 2010

Get over your hill and see what you find there...


And after the storm,
I run and run as the rains come
And I look up, I look up,
on my knees and out of luck,
I look up.

Night has always pushed up day
You must know life to see decay
But I won't rot, I won't rot
Not this mind and not this heart,
I won't rot.

And I took you by the hand
And we stood tall,
And remembered our own land,
What we lived for.

And there will come a time, you'll see, with no more tears.
And love will not break your heart, but dismiss your fears.
Get over your hill and see what you find there,
With grace in your heart and flowers in your hair.

And now I cling to what I knew
I saw exactly what was true
But oh no more.
That's why I hold,
That's why I hold with all I have.
That's why I hold.

I will die alone and be left there.
Well I guess I'll just go home,
Oh God knows where.
Because death is just so full and mine so small.
Well I'm scared of what's behind and what's before.

And there will come a time, you'll see, with no more tears.
And love will not break your heart, but dismiss your fears.
Get over your hill and see what you find there,
With grace in your heart and flowers in your hair.

And there will come a time, you'll see, with no more tears.
And love will not break your heart, but dismiss your fears.
Get over your hill and see what you find there,
With grace in your heart and flowers in your hair.


Mumford & Sons, After The Storm


Sunday, 28 November 2010

Comme des nuées flottent gris les chênes...


Dans l’interminable
Ennui de la plaine,
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune,
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.


Paul Verlaine, Romances sans paroles (1874)

Fjarskanistan by Amiina on Grooveshark


Amiina, Fjarskanistan


Wednesday, 17 November 2010

No shadow no stars...


No shadow no stars
no moon no cars
November
it only believes
in a pile of dead leaves
and a moon
that's the color of bone

No prayers for November
to linger longer
stick your spoon in the wall
we'll slaughter them all

November has tied me
to an old dead tree
get word to April
to rescue me
November's cold chain

Made of wet boots and rain
and shiny black ravens
on chimney smoke lanes
November seems odd
you're my firing squad
November

With my hair slicked back
with carrion shellac
with the blood from a pheasant
and the bone from a hare
tied to the branches
of a roebuck stag
left to wave in the timber
like a buck shot flag

Go away you rainsnout
go away blow your brains out
November


Tom Waits, November


Monday, 27 September 2010

I'm on my way home...


Well my time went so quickly, I went lickety-splickly out to my old '55
As I drove away slowly, feeling so holy, God knows, I was feeling alive.

Now the sun's coming up, I'm riding with Lady Luck, freeway cars and trucks,
Stars beginning to fade, and I lead the parade
Just a-wishing I'd stayed a little longer,
Oh, Lord, let me tell you that the feeling's getting stronger.

And it's six in the morning, gave me no warning; I had to be on my way.
Well there's trucks all a-passing me, and the lights are all flashing,
I'm on my way home from your place.

And now the sun's coming up, I'm riding with Lady Luck, freeway cars and trucks,
Stars beginning to fade, and I lead the parade
Just a-wishing I'd stayed a little longer,
Oh, Lord, let me tell you that the feeling's getting stronger.

And my time went so quickly, I went lickety-splickly out to my old '55
As I pulled away slowly, feeling so holy, God knows, I was feeling alive.

Now the sun's coming up, I'm riding with Lady Luck,
Freeway cars and trucks, freeway cars and trucks, freeway cars and trucks...


Tom Waits, Ol' 55


Sunday, 12 September 2010

Crée pour moi l'automne...


Regarde, à présent, si la couleur du jour commence à changer, si les raies éblouissantes des persiennes deviennent bleues en bas, orangées en haut ? Penche-toi sur le jardin, raconte-moi la chaleur comme on raconte une catastrophe !

Le marronnier va mourir, dis ? Il tend vers le ciel des feuilles frites, couleur d'écaille jaspée... Et rien ne pourra sauver les roses, saisies par la flamme avant d'éclore... Des roses... des roses mouillées, gonflées de pluie nocturne, froides à embrasser...

Ah ! quitte la fenêtre ! Reviens ! trompe ma langueur en me parlant de fleurs penchées sous la pluie ! Trompe-moi, dis que l'orage, là-bas, enfle un dos violet, dis-moi que le vent, rampant, se dresse soudain contre la maison, en rebroussant la vigne et la glycine ; dis que les premières gouttes plombées vont entrer, obliques, par la fenêtre ouverte !

Je les boirai sur mes mains, j'y goûterai la poussière des routes lointaines, la fumée du nuage bas qui crève sur la ville... Souviens-toi du dernier orage, de l'eau amère qui chargeait les beaux soucis, de la pluie sucrée que pleurait le chèvrefeuille, et de la chevelure du fenouil, poudrée d'argent, où nous sucions en mille gouttelettes la saveur d'une absinthe fine !...

Parle encore, guéris ma fièvre ! Crée pour moi l'automne : donne-moi, d'avance le raisin froid qu'on cueille à l'aube et les dernières fraises d'octobre, mûres d'un seul côté...


Colette, Le voyage égoïste



Shostakovich - Jazz Suite No. 1: I. Valse - Partie 1/3

Monday, 6 September 2010

La mémoire et la mer...


La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l'ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle


Léo Ferré, La mémoire et la mer...


Thursday, 2 September 2010

At a very pleasant Cottage window...

Charlevoix Port au Persil
I am now at a very pleasant Cottage window, looking onto a beautiful hilly country, with a glimpse of the sea; the morning is very fine. I do not know how elastic my spirit might be, what pleasure I might have in living here and breathing and wandering as free as a stag about this beautiful Coast if the remembrance of you did not weigh so upon me. I have never known any unalloy'd Happiness for many days together...

John Keats, Letter to Fanny Brawne



Mozart Serenade No 10 In B Flat Major K 361 III Adagio

Monday, 30 August 2010

Poursuivre un nuage étrange qui s’efface...

Charlevoix Port au Persil

Je suis de ces rêveurs qui vont, l’âme joyeuse,
Errer dans la forêt sombre et mystérieuse
Où volent les oiseaux;
Qui voudraient s’arrêter devant chaque merveille.
Devant chaque brin d’herbe, et qui prêtent l’oreille
Aux chansons des ruisseaux.

Je suis de ces rêveurs pour qui le bois sauvage,
Avec son dôme noir qui retient au passage
Les rayons du soleil,
Avec l’acre senteur des superbes fougères,
Avec les grands sapins aux aiguilles légères,
Semble un palais vermeil.

Je suis de ces rêveurs que la nature enchante,
Qui préfèrent, dans l’ombre, un rossignol qui chante,
Aux concerts des cités;
Qui, d’une étoile d’or s’élevant dans la brune,
D’un vieux clocher qui luit sous un baiser de lune,
Se sentent transportés.

Je suis de ces rêveurs que la nature enivre,
Qui veulent lire en elle ainsi que dans un livre
Aux autres coeurs fermé;
Séduits par un insecte aux élytres dorées.
Par une fleur nouvelle, aux profondeurs nacrées,
Au calice embaumé.

Je suis de ces rêveurs affamés de chimères,
Qui s’en vont, oubliant les tristesses amères,
Errer dans le ciel bleu,
Et poursuivre un nuage étrange qui s’efface,
Un astre rayonnant qui sillonne l’espace
Comme un serpent de feu.

Je suis de ces rêveurs que l’espérance anime,
Et qui, de la vallée, aspirent à la cime
D’où l’on voit l’inconnu;
Qui cherchent à monter et non pas à descendre,
Qui cherchent à sonder, qui cherchent à comprendre
Ce qu’ils n’ont pas connu.

Je suis de ces rêveurs qu’une seule caresse
Suffit pour entraîner à ta suite, maîtresse,
O muse au front sacré!
Car tous ces rêveurs-là sont tes fils, les poètes,
Qui n’ont pas d’autre joie et n’ont pas d’autres fêtes
Que ton culte adoré.


Alice De Chambrier, Qui Es-Tu?



Yann Tiersen, Les Bras De Mer

Saturday, 28 August 2010

Then felt I like some watcher of the skies...


Much have I travell'd in the realms of gold,
And many goodly states and kingdoms seen;
Round many western islands have I been
Which bards in fealty to Apollo hold.
Oft of one wide expanse had I been told
That deep-browed Homer ruled as his demesne;
Yet did I never breathe its pure serene
Till I heard Chapman speak out loud and bold:
Then felt I like some watcher of the skies
When a new planet swims into his ken;
Or like stout Cortez when with eagle eyes
He star'd at the Pacific — and all his men
Look'd at each other with a wild surmise —
Silent, upon a peak in Darien.


John Keats, On First Looking into Chapman's Homer



Academy of St. Martin in the Fields, Joshua Bell & Michael Stern, Schubert's Serenade

Thursday, 26 August 2010

Like a land of dreams...

Charlevoix - Port au Persi
The Sea of Faith
Was once, too, at the full, and round earth's shore
Lay like the folds of a bright girdle furled.
But now I only hear
Its melancholy, long, withdrawing roar,
Retreating, to the breath
Of the night wind, down the vast edges drear
And naked shingles of the world.

Ah, love, let us be true
To one another! for the world, which seems
To lie before us like a land of dreams,
So various, so beautiful, so new,
Hath really neither joy, nor love, nor light,
Nor certitude, nor peace, nor help for pain;
And we are here as on a darkling plain
Swept with confused alarms of struggle and flight,
Where ignorant armies clash by night.


Matthew Arnold, Dover Beach...



Fritz Kreisler, La méditation de Thaïs (Jules Massenet)

Wednesday, 25 August 2010

Venus' Bird...


Ouvre ton aile au vent, mon beau ramier sauvage,
Laisse à mes doigts brisés ton anneau d'esclavage !
Tu n'as que trop pleuré ton élément, l'amour ;
Sois heureux comme lui : sauve-toi sans retour !


Que tu montes la nue, ou que tu rases l'onde(...)
Va retrouver dans l'air la volupté de vivre !

Marceline DESBORDES-VALMORE, L'esclave et l'oiseau...



Andreas Scholl, Venus' Birds

Tuesday, 24 August 2010

Ils sont comme la vague à la pointe du jour...

Charlevoix, Port au Persil
Ils sont d'une saison
Qui s'en va en voyage
Avec le vent du temps
Pour éternel bagage,
Ils sont d'une saison
Qui n'a même plus de nom
Et qui n'en finit pas
De nous plisser le front,
Ils sont d'une saison
Qui passe à la maison
Sans fruit et sans soleil
Avec à l'horizon
La fumée de nuages
Qui s'étirent au loin
Et qui n'en finit pas
De nous tendre la main

Ils sont cette musique
Qui ressurgit soudain
Sur les sillons d'un disque
L'espace d'un matin
Et s'ils sourient parfois
Sous un rayon d'hiver
C'est parce qu'ils ont vaincu
Nos chagrins éphémères

Alors, le cœur battant
Ils viennent en riant
Les bras chargés de fleurs
Aux pétales d'argent
Alors le cœur en larmes
Je leur ouvre ma porte
Et je ferme les yeux
Sous leurs bras qui m'emportent

Ils sont comme la vague
A la pointe du jour
Avec les vents du sable
Pour éternel parcours,
Ils sont les coquillages
D'une plage sans nom
De fidèles rivages
Où meurent les poissons

Et s'ils pleurent parfois
Sous un rayon de Lune
C'est parce qu'ils ont perdu
Dans un désert de brume
Ce visage d'enfant
Qui leur tendait les bras
Cette femme d'antan
Qui n'est déjà plus là
Ils l'attendent pourtant
Derrière les rideaux
Et ils restent longtemps
Mais s'endorment bientôt,
Ils sont d'une saison
Qui ne veut pas mourir
Et qui n'en finit pas
De compter nos soupirs

Ils sont l'ombre de l'autre
Qui n'est déjà plus là
Et suivent le cortège
Toujours à pas de chat
Et quand on les oublie
Ils ne nous oublient pas
Et n'en finissent pas
De nous parler tout bas


Juliette Noureddine, Les souvenirs


Sunday, 22 August 2010

De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre...

Charlevoix
En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L’oeil fatigué de voir et le corps engourdi.
Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, -
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !
On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,
De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux…
Hélas ! une voix crie : “En voiture, messieurs !”


Gérard de Nerval, Odelettes



Finzi - Romance in E flat major, Op. 11

Saturday, 21 August 2010

I can see your body is a boat...

Charlevoix
I can see your body is a boat
Keeping you afloat in dreams

Here in this small room
Sleep has stolen you but
Strange noises keep me awake
I can see your body is a boat
Keeping you afloat in dreams

I told you about red mountains that rise out of water
I told you about a house under three full moons
And I wonder what you're dreaming on your silent journey
And caressing your forehead I tell you more stories
Falling in my own memories

Are you happy to be on my side in this world of billions ?
Should we continue this ride that hasn't even begun ?
My body is a boat and your body is a boat
Keeping us afloat in dreams

I'll take you to red mountains that rise out of water
I'll keep you in a house under three full moons
And i'll caress your forehead until your hair turns gray
And I'll follow the lines of your face

My body is a boat and you're travelling in me


Jorane, Red Mountains


Monday, 26 July 2010

Que chaque fée erre dans le palais de Thésée...


OBÉRON Faites en cette maison rayonner la lumière
Du foyer mort ou assoupi ;
Que tous les elfes et les esprits féeriques
Gambadent aussi légers que l’oiseau sur l’épine,
Et chantent avec moi une ariette,
En dansant légèrement.


TITANIA Redites d’abord la chanson par cœur.
Sur chaque parole nous fredonnerons une note
En nous tenant par la main avec la grâce féerique,
Et nous bénirons ces lieux.


OBERON Maintenant, jusqu’à la pointe du jour,
Que chaque fée erre dans le palais de Thésée(...)
Fées, répandez partout
La rosée sacrée des champs ;
Et bénissez chaque chambre,
En remplissant ce palais de la paix la plus douce.
Que la sécurité y règne à jamais
Et que le maître en soit béni ! Filons ;
Ne nous arrêtons pas ; Et retrouvons-nous à la pointe du jour.


Le Songe d’une nuit d’été, William Shakespeare, traduit par F.V. Hugo.



Felix Mendelssohn, op. 61, Finale (Chorale)- Songe d'une nuit d'été

Saturday, 24 July 2010

Il y a des fleurs...


Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir.

Henri Matisse



Edvard Grieg, Solveig's Song

Tuesday, 20 July 2010

Invitation à la valse...


C'était une amitié simple et pourtant secrète :
J'avais sur sa parure un fraternel pouvoir,
Et quand au seuil d'un bal nous nous trouvions le soir,
J'aimais à l'arrêter devant moi tout prête.

Elle abattait sa jupe en renversant la tête,
Et consultait mes yeux comme un dernier miroir,
Puis elle me glissait un furtif : "Au revoir !"
Et belle, en souveraine, elle entrait dans la fête.

Je l'y suivais bientôt. Sur un signe connu,
Parmi les mendiants que sa malice affame,
Je m'avançais vers elle et, modeste, ingénu :

"Vous m'avez accordé cette valse, madame ?"
J'avais l'air de prier n'importe quelle femme,
Elle me disait : "Oui", comme au premier venu.


René-François SULLY PRUDHOMME, Invitation à la valse



Pascal Comelade, Promenade des schizophrènes

Friday, 16 July 2010

With flowers and my love, both never to come back...


I see a red door and I want it painted black

No colours anymore, I want them to turn black
I see the girls walk by dressed in their summer clothes
I have to turn my head until my darkness goes

I see a line of cars and they're all painted black
With flowers and my love, both never to come back
I see people turn their heads and quickly look away
Like a newborn baby it just happens ev'ryday


The Rolling Stones, Paint It Black


Wednesday, 14 July 2010

C'est le tango des promenades...

Photographe Québec Festival d'été
C'est le tango des promenades
Deux par seul sous les arcades
Cernés de corbeaux et d'alcades
Qui nous protégeaient des pourquoi
C'est le tango de la pluie sur la cour
Le miroir d'une flaque sans amour
Qui m'a fait comprendre un beau jour
Que je ne serai pas Vasco de Gama
Mais c'est le tango du temps béni
Où pour un baiser trop petit
Dans la clairière d'un jeudi
A rosi cousine Rosa...


Jacques Brel, Rosa


Sunday, 4 July 2010

I knew a girl that was swallowed by the sky...

I knew a boy that was swallowed by the sky
By the flashing lights
I knew a man that got lost in the big dull blue
And came out alive

I knew a boy, I knew a man
Who looked a lot like you

I knew a time you could stand still beside
never rushing by
I knew a place you can go where your head could explode
Into peace of mind

I knew a time, I knew a place
That felt a lot like you
I knew a boy, I knew a man
Who looked a lot like you

Just like you

I knew a friend that would hold on to the flames
Keep them from burning you
I knew a smile
I could see through all of the stars
That the world had thrown

I knew a smile, I knew a friend
That looked a lot like you
I knew a boy, I knew a man
Who looked a lot like you


Patrick Watson, Man Like You

Saturday, 3 July 2010

I wish it would be in black and white...


I wish I'd be in your wooden arms
That'll swallow me into a thousand dreams
And held me close while wooden eyes
That weep just like a willow tree

I wish it would be in black and white
But at least I will sleep in your wooden arms tonight
In your wooden arms, in your wooden arms, in your wooden arms
In your wooden arms, in your wooden arms, in your wooden arms


Patrick Watson, Wooden Arms

Saturday, 26 June 2010

Et les marguerites...


Et les violettes elles-mêmes, écloses par magie dans l’herbe, cette nuit, les reconnais-tu ? Tu te penches, et comme moi tu t’étonnes ; ne sont-elles pas, ce printemps-ci, plus bleues ? Non, non, tu te trompes, l’an dernier je les ai vues moins obscures, d’un mauve azuré, ne te souviens-tu pas ?… Tu protestes, tu hoches la tête avec ton rire grave, le vert de l’herbe neuve décolore l’eau mordorée de ton regard… Plus mauves… non, plus bleues… Cesse cette taquinerie ! Porte plutôt à tes narines le parfum invariable de ces violettes changeantes et regarde, en respirant le philtre qui abolit les années, regarde comme moi ressusciter et grandir devant toi les printemps de ton enfance…

Colette, Les vrilles de la vigne (Le dernier feu)



Mischa Maisky, Bach - Cello Suite No.6 i-Prelude

Thursday, 24 June 2010

Some of the bulbs never opened quite fully, they might so i'm waiting and staying awake...


The flowers you gave me are rotting and still I refuse to throw them away.
Some of the bulbs never opened quite fully
They might so i'm waiting and staying awake.
Things I have loved i'm allowed to keep
I'll never know if I go to sleep.
The papers around me are piling and twisting regina the paper back mummy
what then.
I'm taking the knife to the books that I own and chopping and chopping and boiling soup from stone.
Things I have loved i'm allowed to keep.
I'll never know if I go to sleep.
Things I have loved i'm allowed to keep.
I'll never know if I go to sleep.


Regina Spektor, The Flowers


Thursday, 17 June 2010

Mon coeur tendu de lierre odorant et de treilles...


Mon coeur tendu de lierre odorant et de treilles,
Vous êtes un jardin où les quatre saisons
Tenant du buis nouveau, des grappes de groseilles...


Anna de Noailles, Le coeur

Monday, 7 June 2010

Stuck between the burning shade and the faded light...


I was alone
I was tired but now im bound
My head is off the ground
For a long time I was so weary
Tired of the sound,I've heard before
Knowing of the nights im out the door
Haunted by the things i've made
Stuck between the burning light and the dusty shade

Said I used to think the past was dead and gone
But I was wrong, so wrong
Whatever makes you blind must make you strong,make you strong
In my time I've melted into many forms
From the day that I was born,I know that there is no place to hide
Stuck between the burning shade and the fading light

I was broken for a long time
But it's over now
Said I was broken for a long time
But it's over now

Yes and you,
yeah well you walk these lonely streets that people send, people send
There are some wounds that just can't mend
And I do pretend
Now I'm free from all the things that take my friends
And I will stand here till the end
Now I know I can take the moon
Stuck between the burning shade and the faded light
I was broken for a long time
But it's over now, it's over now
Mmm it's over now, now, now
It's over now, it's over now.
It's over now, now

Said I was broken for a long time
But it's over, but it's over
But it's over, but it's over
But it's over, but it's over
But it's over now, now, now, now
But it's over, love is over
But it's over now
But it's over, love is over
But it's over now, now, now
I was broken for a long time now
But it's over, but it's over now yeah
Over now, it's all over, it's over now.


Robert Pattinson, I Was Broken


Saturday, 5 June 2010

À travers les feuilles...


Toujours
Nous irons plus loin sans avancer jamais

Et de planète en planète
De nébuleuse en nébuleuse
Le don Juan des mille et trois comètes
Même sans bouger de la terre
Cherche les forces neuves
Et prend au sérieux les fantômes

Et tant d'univers s'oublient
Quels sont les grands oublieurs
Qui donc saura nous faire oublier telle ou telle partie du monde
Où est le Christophe Colomb à qui l'on devra l'oubli d'un continent

Perdre
Mais perdre vraiment
Pour laisser place à la trouvaille
Perdre
La vie pour trouver la Victoire

Guillaume Apollinaire, Toujours



Debussy, Cloches à travers les feuilles - Gülsin Onay

Thursday, 3 June 2010

Les foules...


Regardez ces têtes pressées, ce flot d’hommes, ce tas de vivants. N’y voyez-vous rien que des gens réunis ? Oh ! c’est autre chose, car il se produit là un phénomène singulier. Toutes ces personnes côte à côte, distinctes, différentes de corps, d’esprit, d’intelligence, de passions, d’éducation, de croyances, de préjugés, tout à coup, par le seul fait de leur réunion, forment un être spécial, doué d’une âme propre, d’une manière de penser nouvelle, commune, et qui ne semble nullement formée de la moyenne des opinions de tous.(...)

Les Chroniques de Guy de Maupassant, Les foules,
Le Gaulois, 23 mars 1882


Andrew Bird - Glass Figurine

Thursday, 27 May 2010

Derrière les yeux des dormeurs...


Le temps passe. Écoute. Le temps passe. Rapproche-toi. Tu es le seul à pouvoir entendre le sommeil des maisons, dans les rues, dans la nuit lente profonde salée et noire de silence, la nuit en bandelettes. Toi seul peux voir, dans les chambres aveuglées de jalousies, les combinaisons culottes et les jupons sur les chaises, les brocs et les cuvettes, les verres à dentiers, le Nième Commandant au mur et les portraits jaunissants des morts attendant le petit oiseau qui va sortir. Toi seul peux entendre et voir, derrière les yeux des dormeurs, les mouvements et les pays et les labyrinthes et les couleurs et les constellations et les arcs-en-ciel et les airs de chansons et les désirs et les envolées et les chutes et les désespoirs et les mers immenses de leurs songes…

Dylan Thomas, Au bois lacté


Andrew Bird - Armchairs

Monday, 17 May 2010

...i Belong arm in arm with you...

Photographe Québec
You don’t know but that’s okay
You might find me anyway
Don’t you know that i
Belong arm in arm with you, baby
In a town that’s cold and gray
We will have a sunny day
Don’t you know that i
Belong arm in arm with you, baby…

I do not know
Where does it go
When it goes
Suddenly though
Everything’s slow
And i miss you so

Round each corner there’s a chance
People searching glance to glance
Moving bout real fast
Like insects and fish when they’re scared
And they sing the same old song
Though it’s been so very long
They sing, raindrops falling on my head
But that doesn’t mean that i am dead

And i do not know
Where does it go
When it goes
Suddenly though
Everything’s slow
And i miss you so

You don’t know but that’s okay
You might find me anyway
Don’t you know that i
Belong arm in arm with you, baby
In a town that’s cold and gray
We will have a sunny day
Don’t you know that i
Belong arm in arm with you, baby…


Regina Spektor, Raindrops

À ma nièce adorée partie dans la nuit...
Et la foule s'en va son chemin...
Je t'aime





Saturday, 15 May 2010

Patricia... 1989-2010

À ma nièce... Patricia Pelletier Roux...
Je ferai des étoiles un long chemin d’histoire… Un mot pour la lumière, une pause de noir. J’entendrai peut-être tes notes silencieuses qui rempliront l’espace et n’auront pour formule que les signes du temps.

À ma nièce adorée partie dans la nuit...
Et la foule s'en va son chemin...
Je t'aime



Sunday, 9 May 2010

De l'ombre à la lumière...


J'ai passé tant de fois
De l'ombre à la lumière
Dessiné tant de croix
Pêché tant de rivières
Dans le train de la nuit
Qui va où ?
Je sais pas
A New-York ou Varsovie
Peu m'importe, tu vois

Je cherche encore
Un chemin, une route
Au Sud vers le Nord
Je cherche encore...


Damien Saez, Je cherche encore

Wednesday, 28 April 2010

La dérive...


Et c'est de l'espoir que nos survies sont faites. Et nos miracles et nos exploits... Et nos voyages intérieurs sont de nos vastes découvertes...

Gaëna da Sylva, La dérive...



Yann Tiersen, Amelie - Le Moulin

Sunday, 11 April 2010

Pareille au teint de la rose qui noue...

(...)Après au vif peins-moi sa belle joue
Pareille au teint de la rose qui noue
Dessus du lait, ou au teint blanchissant
Du lis qui baise un oeillet rougissant.
Dans le milieu portrais une fossette,
Fossette, non, mais d'Amour la cachette,
D'où ce garçon de sa petite main
Lâche cent traits, et jamais un en vain,
Que par les yeux droit au cœur il ne touche.(...)


Pierre de Ronsard, Élégie à Janet, peintre du roi...



Konstantin Sokolskij, Ein Lied der Balalaika

Wednesday, 7 April 2010

La mélodie au doux bruit...


Comme un couteau dans un fruit
Amène un glissant ravage,
La mélodie au doux bruit
Fend le coeur et le partage
Et tendrement le détruit.
– Et la langueur irisée
Des arpèges, des accords,
Descend, tranchante et rusée,
Dans la faiblesse du corps
Et dans l’âme divisée…


Anna de Noailles, Mélodie



Glenn Gould et James Campbell, Debussy, Rhapsodie

Sunday, 28 March 2010

À un enfant poète...


Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !


Victor Hugo (1802-1885), Lorsque l'enfant paraît



Sea Of Time - The Beatles Remastered (2009) Yellow Submarine

Sunday, 21 March 2010

In restless dreams...


Hello darkness, my old friend,
I've come to talk with you again,
Because a vision softly creeping,
Left its seeds while I was sleeping,
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sound of silence.

In restless dreams I walked alone
Narrow streets of cobblestone,
'Neath the halo of a street lamp,
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light
That split the night
And touched the sound of silence.

And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more.
People talking without speaking,
People hearing without listening,
People writing songs that voices never share
And no one dared
Disturb the sound of silence.

"Fools" said I, "You do not know
Silence like a cancer grows.
Hear my words that I might teach you,
Take my arms that I might reach you."
But my words like silent raindrops fell,
And echoed
In the wells of silence.

And the people bowed and prayed
To the neon god they made.
And the sign flashed out its warning,
In the words that it was forming.
And the sign said, the words of the prophets are written on the subway walls
And tenement halls.
And whisper'd in the sounds of silence.


Paul Simon, The Sound of Silence...



Simon And Garfunkel, The sound Of Silence

Friday, 19 March 2010

Makin' Time...


Dans la direction de la ville élémentaire
J'avance aussi longtemps que dure notre éternité.


Dylan Thomas, Vingt-quatre années...



Dave Brubeck & Paul Desmond, Makin' Time

Sunday, 14 March 2010

La robe des choses...


Among the men and women, the multitude,
I perceive one picking me out by secret and divine signs,
Acknowledging none else—not parent, wife, husband, brother, child,
any nearer than I am;
Some are baffled—But that one is not—that one knows me.

Ah, lover and perfect equal!
I meant that you should discover me so, by my faint indirections;
And I, when I meet you, mean to discover you by the like in you.

Walt Whitman, Among the Multitude




Brothers Quay - Institute Benjamenta "Classroom Dance"

Wednesday, 10 March 2010

March Over The Rooftops...


Chim chiminy
Chim chiminy
Chim chim cher-ee!
A sweep is as lucky
As lucky can be

Chim chiminy
Chim chiminy
Chim chim cher-oo!
Good luck will rub off when
I shakes hands with you
Or blow me a kiss
And that's lucky too

Now as the ladder of life
Hs been strung
You might think a sweep's
On the bottommost rung

Though I spends me time
In the ashes and smoke
In this whole wide world
There's no happier bloke

Chim chiminy
Chim chiminy
Chim chim cher-ee!
A sweep is as lucky
As lucky can be

Chim chiminy
Chim chiminy
Chim chim cher-oo!
Good luck will rub off when I shakes hands with you

Chim chiminy
Chim chiminy
Chim chim cher-ee!
A sweep is as lucky
As lucky can be

Chim chiminy
Chim chiminy
Chim chim cher-oo!
Good luck will rub off when I shakes hands with you

I choose me bristles with pride, yes, I do
A broom for the shaft and a brush for the flue

Up where the smoke is
All billowed and curled
'Tween pavement and stars
Is the chimney-sweep world

When there's hardly no day
Nor hardly no night
There's things half in shadow
And half way in light
On the rooftops of London
Coo, what a sight

Chim chiminy
Chim chiminy
Chim chim cher-ee!
When you're with a sweep
You're in glad company

Nowhere is there
A more happier crew
Than them what sings
Chim chim cher-ee
Chim cher-oo!
Chim chim chiminy
Chim chim
Cher-ee chim cher-oo


The Sherman Brothers, Chim Chim Cher-ee/March Over The Rooftops (Dyck Van Dyke & Julie Andrews)


Sunday, 7 March 2010

L'herbier noir...


Car j'installe, par la science,
L'hymne des coeurs spirituels
En l'oeuvre de ma patience,
Atlas, herbiers et rituels.


Stéphane Mallarmé, Prose pour Des Esseintes



Glenn Gould, Jean-Sébastien Bach, Italian Concerto - Bwv 971, II°andante, III°presto

Saturday, 6 March 2010

Les heures qui passent...


Je suis en mal du mal que j'aime
Du ciel fauve où bat sans arrêt
Appel rythmé la forêt
Pour l'impossible poème .
Dans nos courses d'enfant pas sage
Sous le dôme d'air et de lait
Comme la fontaine volait
Légèrement au visage .

Le vent bruni couleur de flûte
Dans le sable nous effaçait
Et douce pluie dansait
Mêlant nos pas en sa chute.


Albertine Sarrazin...



Albertine Sarrazin, Dormir, interprété par Myriam Anisssimov

Friday, 5 March 2010

N'étant que des hommes, nous marchions dans les arbres...


N'étant que des hommes, nous marchions dans les arbres
Effrayés, abandonnant nos syllabes à leur douceur
De peur d'éveiller les freux,
De peur d'arriver

sans bruit dans un monde d'ailes et de cris.
Enfants nous nous serions penchés
Pour attraper les freux endormis, sans briser de brindilles,
Et après une douce ascension,
Élevant nos têtes au-dessus des branches
Nous nous serions émerveillés des étoiles inaltérables.

Loin de la confusion, telle est la voie
Tel est le prodige que l'homme sait
Loin du chaos parviendrait la joie.

Cela est la beauté, disions-nous,
Enfants émerveillés par les étoiles,
Cela est le but, cela est le terme.

N'étant que des hommes, nous marchions dans les arbres...


Dylan Thomas, Vision et prière (Traduction d’Alain Suied)



Vic Vogel & Le Jazz Big Band (Song For Cootie)

Thursday, 4 March 2010

J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline...


J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l'âpre escarpement qui sur le flot s'incline,
Que l'aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L'ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d'une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l'endroit où s'était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s'enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s'éclairant au fond d'un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
J'ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée.
Elle est pâle, et n'a pas de corolle embaumée,
Sa racine n'a pris sur la crête des monts
Que l'amère senteur des glauques goémons ;
Moi, j'ai dit: Pauvre fleur, du haut de cette cime,
Tu devais t'en aller dans cet immense abîme
Où l'algue et le nuage et les voiles s'en vont.
Va mourir sur un coeur, abîme plus profond.
Fane-toi sur ce sein en qui palpite un monde.
Le ciel, qui te créa pour t'effeuiller dans l'onde,
Te fit pour l'océan, je te donne à l'amour. -
Le vent mêlait les flots; il ne restait du jour
Qu'une vague lueur, lentement effacée.
Oh! comme j'étais triste au fond de ma pensée
Tandis que je songeais, et que le gouffre noir
M'entrait dans l'âme avec tous les frissons du soir !


Victor Hugo (1802-1885), J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline



Maurice Ravel, Tzigane

Monday, 1 March 2010

Remote from tumult and from noise...


O solitude, my sweetest choice!
Places devoted to the night,
Remote from tumult and from noise,
How ye my restless thoughts delight!
O solitude, my sweetest choice!
O heav'ns! what content is mine
To see these trees, which have appear'd
From the nativity of time,
And which all ages have rever'd,
To look today as fresh and green
As when their beauties first were seen.
O, how agreeable a sight
These hanging mountains do appear,
Which th' unhappy would invite
To finish all their sorrows here,
When their hard fate makes them endure
Such woes as only death can cure.
O, how I solitude adore!
That element of noblest wit,
Where I have learnt Apollo's lore,
Without the pains to study it.
For thy sake I in love am grown
With what thy fancy does pursue;
But when I think upon my own,
I hate it for that reason too,
Because it needs must hinder me
From seeing and from serving thee.
O solitude, O how I solitude adore!


Katherine Fowler Philips (1631-1664), reprise du poème "O solitude" par Henry Purcell


Sunday, 21 February 2010

C Is For Cookie...

Biscuits du samedi avec mon fils...

À Antoine... xxx

[Now what starts with the letter C?
Cookie starts with C
Let's think of other things
That starts with C
Oh, who cares about the other things?]

C is for cookie, that's good enough for me
C is for cookie, that's good enough for me
C is for cookie, that's good enough for me
Oh, cookie, cookie, cookie starts with C

C is for cookie, that's good enough for me
C is for cookie, that's good enough for me
C is for cookie, that's good enough for me
Oh, cookie, cookie, cookie starts with C

[Hey you know what?
A round cookie with one bite out of it
Looks like a C
A round donut with one bite out of it
Also looks like a C
But it is not as good as a cookie
Oh and the moon sometimes looks like a C
But you can't eat that, so ... ]

C is for cookie, that's good enough for me, yeah!
C is for cookie, that's good enough for me
C is for cookie, that's good enough for me
Oh, cookie, cookie, cookie starts with C, yeah!
Cookie, cookie, cookie starts with C, oh boy!
Cookie, cookie, cookie starts with C!

(Cookie Monster eats the cookie)
Umm-umm-umm-umm-umm


Joe Raposo, C Is For Cookie... (Sesame Street)


Saturday, 20 February 2010

On a lone winter evening, when the frost has wrought a silence...


The poetry of earth is never dead:
When all the birds are faint with the hot sun,
And hide in cooling trees, a voice will run
From hedge to hedge about the new-mown mead;
That is the Grasshopper's--he takes the lead
In summer luxury,--he has never done
With his delights; for when tired out with fun
He rests at ease beneath some pleasant weed.
The poetry of earth is ceasing never:
On a lone winter evening, when the frost
Has wrought a silence, from the stove there shrills
The Cricket's song, in warmth increasing ever,
And seems to one in drowsiness half lost,
The Grasshopper's among some grassy hills.


John keats, On the Grasshopper and Cricket...



Henry Purcell, Suite No.2 in G minor:Saraband

Friday, 19 February 2010

Que una caricia podía borrar el color de mi ciudad…


Una inquietante mirada de Amor Porteño
Cálida y cruel
No, no puedo creer que pasó
Que el misterio sensuel de tu risa canyengue
Se apagó

Brindo por esa ilusión de Amor Porteño
Loco puñal
Dulce y fatal, la nostalgia
De un tiempo pedazo de
Nosotros dos

Y yo que pensaba que no me importaba
Que una caricia podía borrar el color
De mi ciudad …

El código oculto de esa mirada
Es como una señal
Y no puedo zafar
Un deseo sutil que temblando me viene a buscar


Eduardo Makaroff, Amor Porteño...



Gotan Project, Amor Porteño

Tuesday, 16 February 2010

Dans cette grande plaine où l’autan froid se joue...


Ô fins d’automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
D’envelopper ainsi mon cœur et mon cerveau
D’un linceul vaporeux et d’un vague tombeau.

Dans cette grande plaine où l’autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s’enroue,
Mon âme mieux qu’au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.

Rien n’est plus doux au cœur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
Ô blafardes saisons, reines de nos climats,

Que l’aspect permanent de vos pâles ténèbres,
— Si ce n’est, par un soir sans lune, deux à deux,
D’endormir la douleur sur un lit hasardeux.


Brumes et Pluies, Charles Baudelaire


Henry Purcell - The Fairy Queen - If love's a sweet passion