Thursday, 31 December 2009

Où de frémissants cœurs d'alexandrins...


À l'aube de l'année nouvelle; à l'aube d'une décennie... Qu'elles soient telles que désirées, dans tout le bien que nous pourrons... Que nous déciderons.

Art, musique... Mots. Images.

Créativité.

Enrobe
Anime
Fascination exquise
Le regard éperdu, tourné, céans
Où de frémissants cœurs
D’alexandrins
Font douze fois «padam».
Ils ont des pieds qui riment,
Délicats, gracieux
Solides, bien plantés…

Des pensées, des pinceaux…
Des collages sculptés
Des portées emportées
Des doigts pianissimo
Des mélodies qui chantent
Des lendemains qui rêvent
Là, près de la paume.
Des doigts savants
Qui savent tricoter
L’écharpe colorée pour tenir chaud dans les saisons
Au milieu des pluies
De feuilles
Et des pléiades floconneuses.

Ils sont les saisons, les joies, les peines.
Ils sont les créateurs.
Ils sont sans âge
Possèdent, de la jeunesse, encore
Les convictions où le tout possible
Est de l'audace

Ainsi, sans crainte
Rassemble des mots
Ceux qui feront mouvance
Ceux qui enfanteront
Des objets qui racontent
Des vérités

Bonne année...


"Bluebird of Delhi (Mynah)" et "Isfahan", Duke Ellington et Billy Strayhorn...

Friday, 25 December 2009

Des histoires du temps passé...

Photographe Québec
Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s'élance,
Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher
L'immobile corbeau sur l'arbre se balance,
Comme la girouette au bout du long clocher ! (...)


Alfred de Vigny (1797-1863), La Neige...


The Choir of King's College Cambridge-Coventry Carol.

Thursday, 24 December 2009

Porte l'oiseau si léger...

Photographe Québec
Caresse sur l'océan
Porte l'oiseau si léger
Revenant de terres enneigées
Air éphémère de l'hiver
Au loin ton écho s'éloigne
Châteaux en Espagne
Vire au vent tournoie déploie tes ailes
Dans l'aube grise du levant
Trouve un chemin vers l'arc-en-ciel
Se découvrira le printemps

Caresse sur l'océan
Pose l'oiseau si léger
Sur la pierre d'une île immergée
Air éphémère de l'hiver
Enfin ton souffle s'éloigne
Loin dans les montagnes
Vire au vent tournoie déploie tes ailes
Dans l'aube grise du levant
Trouve un chemin vers l'arc-en-ciel
Se découvrira le printemps

Calme sur l'océan


Caresse sur l'océan, Paroles de Christophe Barratier et Bruno Coulais ; musique de Bruno Coulais.


Wednesday, 23 December 2009

J'aspirais toute la douceur sombre du mystérieux firmament...

Photographe Québec
Tout enfant, tu dormais près de moi, rose et fraîche,
Comme un petit Jésus assoupi dans sa crèche ;
Ton pur sommeil était si calme et si charmant
Que tu n'entendais pas l'oiseau chanter dans l'ombre ;
Moi, pensif, j'aspirais toute la douceur sombre
Du mystérieux firmament.

Et j'écoutais voler sur ta tête les anges ;
Et je te regardais dormir ; et sur tes langes
J'effeuillais des jasmins et des oeillets sans bruit ;
Et je priais, veillant sur tes paupières closes ;
Et mes yeux se mouillaient de pleurs, songeant aux choses
Qui nous attendent dans la nuit.

Un jour mon tour viendra de dormir ; et ma couche,
Faite d'ombre, sera si morne et si farouche
Que je n'entendrai pas non plus chanter l'oiseau ;
Et la nuit sera noire ; alors, ô ma colombe,
Larmes, prière et fleurs, tu rendras à ma tombe
Ce que j'ai fait pour ton berceau.


Victor Hugo (1802-1885), À ma fille Adèle...


Sting, Balulalow

Tuesday, 22 December 2009

Et de tout ce qui est si important...

Photographe Québec
Le temps passe
Nos jours se remplissent
De choses légères
Et de tout ce qui est si important

Libre de penser comme on veut
On finit par ne penser que comme on peut

Comme un flocon de neige
Qui tremble dans l’air
La chute est lente
Le vent déroute
Mais le chemin reste
Inexorable


Jules Delavigne, Conclusions, 2008...


Celtic Woman-Carol Of The Bells...

Monday, 21 December 2009

Je suis un enfant du monde...

Photographe Québec
Je suis un enfant du monde
j'aime la vie et les choses rondes
un ballon, un melon
je suis un enfant du monde
chaque matin à l'école
des amis, des bricoles
des problèmes j'en raffole
je suis un enfant du monde
tous les soirs père et mère
un dîner, une histoire
puis dormir et des rires
je suis un enfant du monde
faites de beaux rêves
mes enfants du rêve.


Hakim , de Bejaia, 12 ans


The Choir of King's College Cambridge sing John Gardner's setting of "Tomorrow Shall be my Dancing Day".

Sunday, 20 December 2009

Le regard de l'enfant pur et fin...

Photographe Québec
La pluie des flocons, des étoiles d'araignées
gelées, ornent murs et fissures entrelacés

Posés sur tout,
La neige et le regard de l'enfant pur et fin
Le sourire que je saurais...

Gaëna da Sylva...


Yann Tiersen & Shannon Wright - Dragon Fly

Saturday, 19 December 2009

Comme la peau du coeur...


Encore du blanc pour se perdre. Même quand il fait sombre, on y voit clair dans toute cette neige de lumière froide. Il faut parler souvent des éléments car ils font partie de nous comme la peau et le coeur. Comme la peau du coeur.

...et les petits matins blêmes, aussi... De ceux qui font marcher lentement pour ne pas réveiller le temps endormi. Il faut parler du temps aussi parce que c'est lui qui n'a pas d'âge, qui a la nuit des temps et les jours de récoltes...

Gaëna da Sylva


The Dave Brubeck Quartet - Bluette

Sunday, 13 December 2009

Whoever you are, now I place my hand upon you, that you be my poem...

Whoever you are, I fear you are walking the walks of
dreams,
I fear these supposed realities are to melt from under your
feet and hands,
Even now your features, joys, speech, house, trade, manners,
troubles, follies, costume, crimes, dissipate away from you,
Your true soul and body appear before me,
They stand forth out of affairs, out of commerce, shops,
work, farms, clothes, the house, buying, selling, eating,
drinking, suffering, dying.

Whoever you are, now I place my hand upon you, that you
be my poem,
I whisper with my lips close to your ear,
I have loved many women and men, but I love none better
than you.

O I have been dilatory and dumb,
I should have made my way straight to you long ago,
I should have blabb'd nothing but you, I should have chanted
nothing but you.

I will leave all and come and make the hymns of you,
None has understood you, but I understand you,
None has done justice to you, you have not done justice to
yourself,
None but has found you imperfect, I only find no
imperfection in you,
None but would subordinate you, I only am he who will
never consent to subordinate you,
I only am he who places over you no master, owner, better,
God, beyond what waits intrinsically in yourself.

Painters have painted their swarming groups and the centre-
figure of all,
From the head of the centre-figure spreading a nimbus of
gold-color'd light,
But I paint myriads of heads, but paint no head without its
nimbus of gold-color'd light,
From my hand from the brain of every man and woman it
streams, effulgently flowing forever.

O I could sing such grandeurs and glories about you!
You have not known what you are, you have slumber'd upon
yourself all your life,
Your eyelids have been the same as closed most of the time,
What you have done returns already in mockeries,
(Your thrift, knowledge, prayers, if they do not return in
mockeries, what is their return?)

The mockeries are not you,
Underneath them and within them I see you lurk,
I pursue you where none else has pursued you,
Silence, the desk, the flippant expression, the night, the
accustom'd routine, if these conceal you from others or
from yourself, they do not conceal you from me,
The shaved face, the unsteady eye, the impure complexion, if
these balk others they do not balk me,
The pert apparel, the deform'd attitude, drunkenness, greed,
premature death, all these I part aside.

There is no endowment in man or woman that is not tallied
in you,
There is no virtue, no beauty in man or woman, but as good
is in you,
No pluck, no endurance in others, but as good is in you,
No pleasure waiting for others, but an equal pleasure waits
for you.

As for me, I give nothing to any one except I give the like
carefully to you,
I sing the songs of the glory of none, not God, sooner than
I sing the songs of the glory of you.

Whoever you are! claim your own at an hazard!
These shows of the East and West are tame compared to you,
These immense meadows, these interminable rivers, you are
immense and interminable as they,
These furies, elements, storms, motions of Nature, throes of
apparent dissolution, you are he or she who is master or
mistress over them,
Master or mistress in your own right over Nature, elements,
pain, passion, dissolution.

The hopples fall from your ankles, you find an unfailing
sufficiency,
Old or young, male or female, rude, low, rejected by the rest,
whatever you are promulges itself,
Through birth, life, death, burial, the means are provided,
nothing is scanted,
Through angers, losses, ambition, ignorance, ennui, what
you are picks its way.

To You
, by Walt Whitman...