Friday, 21 November 2008

Sweeter than roses...

Sweeter than roses, or cool evening breeze
On a warm flowery shore, was the dear kiss,
First trembling made me freeze,
Then shot like fire all o’er.
What magic has victorious love!
For all I touch or see since that dear kiss,
I hourly prove, all is love to me.


Lyrics: Author Unknown
Music : Henry Purcell... Pausanius

Sunday, 16 November 2008

Stanza...

Today, I will seek not the shadowy region;
Its unsustaining vastness waxes drear;
And visions rising, legion after legion,
Bring the unreal world too strangely near.

I'll walk, but not in old heroic traces,
And not in paths of high morality,
And not among the half-distingusihed faces,
The clouded forms of long-past history.


Emily Jane Brontë...

Thursday, 13 November 2008

Plusieurs fois l’aspect du monde est mort pour nous...

Et aujourd’hui, comme dans mon enfance, j’écoute le silence de l’automne. Rien n’est plus secret ni plus confidentiel. Dans l’espace d’une teinte uniforme, d’un gris velouté qui fascine et apaise, de la terre monte, - tantôt cinglant, tantôt figé, - un froid parfum d’aromates, de fumée et de cristal. Un immense repliement tient courbés et méditatifs les arbres, les feuillages jaunis, l’invisible mêlé à l’atmosphère, et qui rêve en suspens. D’un sage et commun consentement tout se penche, accepte une noble dégradation, car la nature, ayant l’expérience de son éternité, accueille sans révolte ses passagers repos. Il semble que les nymphes d’automne et les anges des campagnes catholiques passent, désormais unis, également innocents et chastes, sur le gazon d’un vert sombre, avivé de rosée, où se dresse le colchique violet. On croit entendre cette troupe d’ombres légères se réfugier et s’évanouir sous l’humide auréole du dahlia couronné de pluie.

Anna de Noailles, L'automne en Savoie...

Tuesday, 11 November 2008

Dans l'air où miroite l'automne...

Voici venu le froid radieux de septembre :
Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;
Mais la maison a l'air sévère, ce matin,
Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.

(...)

Le silence est léger et calme ; par minute
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
Et puis tout redevient encor silencieux,
Et l'Amour qui jouait sous la bonté des cieux

S'en revient pour chauffer devant le feu qui flambe
Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,
Et la vieille maison qu'il va transfigurer
Tressaille et s'attendrit de le sentir entrer...

Anna de Noailles, « L'Offrande à la Nature »,
Le Cœur innombrable, poèmes, Calmann-Lévy, 1901...

Monday, 10 November 2008

Le temps s’est frayé un chemin...

...Après tant d’expériences, que reste-t-il d’intact ? La nature éternelle et la pureté du silence.

J’écris ces lignes dans le même jardin où s’éveillait ma curiosité du monde. C’est la fin de septembre ; le ciel, voilé, terni et comme résigné, ne conserve de physionomie que ce qu’un visage a de regard encore, les paupières fermées. Au bord du quai le lac palpite : on sent s’élever en molles buées son liquide azur respirant.

Et aujourd’hui, comme dans mon enfance, j’écoute le silence de l’automne. Rien n’est plus secret ni plus confidentiel.


Anna de Noailles, L'automne en Savoie...

Sunday, 2 November 2008

The shadow of a smile...

Lire à telle heure, sortir à telle heure, mais la rêverie baigne tant mon coeur que, tout à l'heure, lisant la description d'un dîner que faisaient sous les bambous d'un jardin de Malaisie, au dix-huitième siècle, deux tendres voyageurs, je me sentais mourir de nostalgie, de poésie, de vague et torturante espérance.

Anna de Noailles, extrait de "Correspondance 1901-1923, Anna de Noailles - Maurice Barrès", éditions L'Inventaire, Paris 1994...