Tuesday, 25 March 2008

C’était, bien sûr, avant l’arrivée des grandes chaînes...

...La glace était tout aussi essentielle car on ne disposait pas de réfrigérateur au gaz ou électrique (plusieurs se plaignaient d’ailleurs de la faiblesse du courant électrique). La livraison se faisait de façon un peu plus rustique, une charrue étant tirée par le cheval de monsieur Alarie. On pouvait faire l’épicerie chez l’épicier du coin qui, invoquant des comptes impayés, semblait vendre bien cher. Il fallait transporter sa commande, bien souvent à pied, car tous n’avaient pas l’automobile. Il semblait y avoir beaucoup de petites épiceries mais, dans les faits, elles disposaient d’un certain monopole dans leur quartier, compte tenu des contraintes évoquées. Certains marchands, comme Veronneau, de Longueuil, passaient prendre, une fois par semaine, les commandes à la maison et faisaient la livraison. C’était, bien sûr, avant l’arrivée des grandes chaînes...

Michel Pratt, Jacques-Cartier, une ville de pionniers, 1947-1969.

Monday, 24 March 2008

À mes pieds, la ville jasait doucement...

L’église vue, je suis monté sur le clocher. Vous connaissez mon goût pour le voyage perpendiculaire. (...) Il est de la famille des clochers accostés d’escaliers à jour. C’est une chose admirable de circuler dans cette monstrueuse masse de pierre toute pénétrée d’air et de lumière, évidée comme un joujou de Dieppe, lanterne aussi bien que pyramide, qui vibre et qui palpite à tous les souffles du vent. Je suis monté jusqu’en haut des escaliers verticaux. Je me suis arrêté à la naissance de la flèche proprement dite.

Victor Hugo, Le Rhin, 1842.

Friday, 21 March 2008

Chasseuse d'images...

Il saute du lit de bon matin et ne part que si son esprit est net, son cœur pur, son corps léger comme un vêtement d'été. Il boira l'air frais en route et reniflera les odeurs salubres. Il laisse les armes à la maison et se contente d'ouvrir les yeux. Les yeux servent de filets où les images s'emprisonnent d'elles-mêmes. (...)

Dehors, il fixe un moment, au point que son œil éclate, le soleil qui se couche et dévêt sur l'horizon ses lumineux habits, ses nuages répandus pêle-mêle.

Enfin rentré chez-lui, la tête pleine, il éteint sa lampe et longuement, avant de s'endormir, il se plait à compter ses images.

Dociles, elles renaissent au gré du souvenir. Chacune d'elle en éveille une autre, et sans cesse leur troupe phosphorescente s'accroit de nouvelles venues, comme des perdrix poursuivies et divisées tout le jour chantent le soir, à l'abri du danger, et se rappellent à l'abri des sillons.

Jules Renard, Histoires naturelles, 1896.

Wednesday, 19 March 2008

Humoresque...

Je me suis toujours demandé si les gauchers passaient l'arme à droite.

Alphonse Allais...

Tuesday, 18 March 2008

Le pêcheur au bord de l'eau, abrité sous son chapeau...

Bourvil : Dites monsieur le pêcheur, ça mord ?
Pêcheur : Chut ! Vous faites sauver le poisson !
B : Du poisson ? J'en ai jamais vu. Y'en a peut-être mais faut pas faire de bruit, hein ?
P : Chut, la barbe !
B : Ah ! Mais je ne vais pas vous déranger : pêchez, pêchez..
Des filles : Le pêcheur au bord de l'eau, abrité sous son chapeau, est heureux et trouve la vie belle.
Tandis que flotte son bouchon, il sifflote une chanson. (Bourvil siffle)
A côté, le regardant, y'a un brave paysan...
B : C'est moi !
Des filles : ... qui rigole derrière sa moustache.
B : Car je sais que dans ce coin, on attrape jamais rien. Pom pom pom, même quand on est malin !
P : Chut
B : Alors monsieur ça mord ?
P : Ah non, ça va pas très fort.
B : Ah, il faut être patient : ici l'poisson n'est pas gourmand
P : J'vais mettre un autre ver.
B : Moi, je m'en vais boire un verre. Ca donne chaud de vous regarder faire.

Bourvil... Paroles et musique Marc Fontenoy

Monday, 17 March 2008

Have you met miss Jones...

Le regard lointain, qui voyage par la fenêtre...

La neige comme un grand miroir m'a renvoyé
Le clair de lune et son ineffable mystère.
On eût dit d'un pays jonché de primevères
À travers les carreaux que le gel a rayés.

Francis Jammes, Sonnets pour finir...

Sunday, 16 March 2008

This, and my heart beside...

It's all I have to bring today –
This, and my heart beside –
This, and my heart, and all the fields –
And all the meadows wide –
Be sure you count – should I forget
Some one the sum could tell –
This, and my heart, and all the Bees
Which in the Clover dwell.

Emily Dickinson

Saturday, 15 March 2008

Thursday, 13 March 2008

Nuit d'hiver...

Nuit d’hiver douce nuit sans fin
Le vent gémit et nos deux cœurs chavirent
La rue c’est la mer notre chambre un navire
Qui va vers un port
Où n’est pas la mort
Mais la vie qui fleurit demain
La nuit, la longue nuit qui marche
Comme la Seine se promène sous les arches
Suivant le même chemin


Charles Trenet...

Monday, 10 March 2008

Le vélo volant...

Le mardi 12 juin 1979, un homme a traversé la Manche à bord d'un vélo volant, transformant du même coup l'espace en vaste voie cyclable, en vélodrome sans limites. Cette traversée, c'est l'homme qui reprend son sceptre, après avoir été longtemps l'esclave de la techique qu'il a lui-même inventée.

Julos Beaucarne...

Friday, 7 March 2008

Le ciel est gris souris...

...
Le ciel est gris, gris, gris
Le ciel est gris souris
Mais le chat nous a dit «ce n'est pas ce gris-ci»
Ce n'est pas ce gris-là
Car les souris ne volent pas...

Anne Sylvestre...

Wednesday, 5 March 2008

Of cloudless climes and starry skies...

She walks in beauty like the night
Of cloudless climes and starry skies,
And all that's best of dark and bright
Meet in her aspect and her eyes;
Thus mellowed to the tender light
Which heaven to gaudy day denies.

...A mind at peace with all below,
A heart whose love is innocent.

Lord Byron, She Walks in Beauty, Hebrew Melodies...

Tuesday, 4 March 2008

Les soirs d'hiver, ma mère chantait...



...
Parler de près,
d'amour,
d'enfant,
De soleil d'or
sur les étangs,
C'est son langage que je copie
fidèlement :
Poulette grise,
Noël,
Fanfan;
Le roi Henri,
Sylvie,
Isaban;

Sous chaque note, un peu de sang,
"J'en suis l'auteur", m'a dit Satan.
"Quand elle chantait, ta mère pleurait
Parce qu'on tuait le canard blanc,
Brisait l'écorce, prenait le fruit,
Se joue ainsi..."

Les soirs d'hiver, ma mère chantait
Pour chasser le diable qui rôdait;
C'est à mon tour d'en faire autant
Quand sur mon toit coule le vent.

Félix Leclerc, Les soirs d'hiver...

Monday, 3 March 2008

Hiver...

Que ce soit l'orgue d'une foire
Ou la fleur de tulle d'un bal
C'est longtemps avant qu'on ne parte
Avant que l'aube n'ait changé
Le bleu du ciel sur une carte
Que l'on devient cet étranger...

Michèle Bernard...

Sunday, 2 March 2008

Les grands labours dorment sous la gelée...

Sous la neige je vais hiverner
Photos d'enfants qui courent dans les champs
Seront mes seules joies pour passer le temps

Mes cabanes d'oiseaux sont vidées
Le vent pleure dans ma cheminée
Mais dans mon cœur je m'en vais composer
L'hymne au printemps pour celle qui m'a quitté

Quand mon amie viendra par la rivière
Au mois de mai, après le dur hiver
Je sortirai, bras nus, dans la lumière
Et lui dirai le salut de la terre...

Félix Leclerc, L'hymne au printemps...