Thursday, 31 January 2008

Je m'appuierai si bien et si fort à la vie...

...
Dans les champs printaniers la verdure nouvelle,
Et le gazon touffu sur le bord des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.

La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l'air ma persistante ardeur,
Et sur l'abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme unique de mon coeur...

Anna de Noailles, L'empreinte (Le coeur innombrable)

Wednesday, 30 January 2008

Le jour où le bateau viendra...


Vous verrez ce jour-là quand le vent tombera
Quand la brise n'aura plus de voix
Un grand calme se fera comme avant un ouragan
Le jour où le bateau viendra.
Et les vagues danseront avec les
navires
Et tout le sable s'envolera
Et vous entendrez l'océan chanter
Le jour où le bateau viendra.


Hugues Aufray...

Tuesday, 29 January 2008

A garden...

«...
Mary: I've stolen a garden.
Maybe it's dead anyhow. I don't know.
Dickon: I'd know.
Mary: Promise you won't tell.
Dickon: Promise.
Mary: Nobody?
Dickon: Not a soul.
Mary: It's a secret garden.
Dickon: Secrets are safe with me.
This garden is not dead. It's as alive as you or me.
See? This part's wick? See the green?
Mary: Wick? What's wick?
Dickon: Alive. Full of life. There will be so many roses in there this summer...»

The Secret Garden, d'après le roman de Frances Hodgson Burnett...

Monday, 28 January 2008

Quelque part dans le temps...

...La route du silence et de l'odeur fruitière,
Au potager fleuri, plein d'herbes familières,
Heureuse de trouver, au cher instant du soir,
Le jardin sommeillant, l'eau fraîche, et l'arrosoir...


Anna de Noailles, La journée heureuse...
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Saturday, 26 January 2008

Dérives, infinies dérives...

Inventer un conte. Une histoire. Elle ne serait pas écrite pour un enfant, pas non plus pour un adulte. Écrite pour personne. L'histoire de personne. Cela commencerait n'importe où, n'importe comment. Avec ce mot...

Christian Bobin, Souveraineté du vide...

Thursday, 24 January 2008

Bien sûr, le temps qui va trop vite...


...Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Nos corps inclinent déjà la tête
Étonnés d'être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos coeurs perdent leurs ailes
Mais mais voir un ami pleurer!

Jacques Brel...

Wednesday, 23 January 2008

When I cannot sing my heart...


Half of what I say is meaningless
But I say it just to reach you...
...Oceanchild
Calls me
...Seashell eyes
Windy smile
Calls me...
...Morning moon
Touch me
...When I cannot sing my heart
I can only speak my mind...
...Sleeping sand
Silent cloud
Touch me
So I sing a song of love...

The Beatles, (John Lennon) Julia...

Monday, 21 January 2008

Le refuge... Bis


Quand on sort d'un pénitencier on se réfugie plus volontiers dans un bordel que dans une cathédrale.

Achille Chavée, Décoctions II...

Sunday, 20 January 2008

Le refuge...

Au palais d'injustice en la sanglante robe
On t'a signé ce jour un bon d'éternité...

...De ce côté c'est l'ombre et la terre est gelée
Mais le soleil vainqueur qui filtre pas à pas
Anéantit d'amour l'eau douce et l'eau salée
Toute transpiration toute larme ici-bas.

Albertine Sarrazin...


Saturday, 19 January 2008

Dans les grandes voilures...


Regarder loin, c'est regarder tôt.
Hubert Reeves, Patience dans l'azur...

Un regard est dans tout pays un langage.

George Herbert...

Friday, 18 January 2008

En passant par l'école des filles...

On suit le mur de l'hôpital
On passe le pont sur la rivière
On tourne au coin du vieux cimetière
Pour suivre un peu le vieux canal
Puis vers cinq heures on rentrera
Suivant d'autres murs, d'autres grilles
En passant par l'école des filles
Jusqu'aux murs de l'orphelinat...

Barbara...

Thursday, 17 January 2008

Strange Fruit...


Chaque pays a son Sud...

Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black body swinging in the Southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees


Abel Meeropol...

Wednesday, 16 January 2008

Au cirque...


...
Dans les larmes du charlot
Au coeur du saltimbanque
Où vit l'enfant
Rien n'existe
Et tout est vrai.

Tuesday, 15 January 2008

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits...


J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins...


Monday, 14 January 2008

Allonge la main au faîte de la tour...

...
Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d'homme, c'était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l'on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l'écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce n'était toujours pas la pluie. Mais lorsque la terre répondait à l'unisson d'un rugissement profond, luxuriant et croissant, lorsque le monde entier chantait autour de moi dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi, alors c'était bien la pluie. C'était comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme
l'étreinte d'un amant.

Karen Blixen, La ferme africaine...

Sunday, 13 January 2008

Saturday, 12 January 2008

Le baiser des hautes cigales...

...
Toute fraîche à l'intérieur
La vague me lava la tête
Et j'eus le goût de sa chaleur
Quand m'aima la mer violette...

Albertine Sarrazin, 1958...

Friday, 11 January 2008

S'endormir à coeur ouvert...

...
S'endormir à coeur ouvert
Mince feuille, endroit, envers
De s'en aller en sommeil
En musique de sommeil
Par ondes qui nous pénètre
Simplement et bonnement
Comme on s'en irait au ciel.

Saint-Denys Garneau...

Thursday, 10 January 2008

Pieds nus dans l'aube...

De bas en haut, de haut en bas, notre chez-nous était habité : par nous au centre, comme dans le cœur d'un fruit; dans les bords, par nos parents; dans la cave et la tête, par des hommes superbes et muets, coupeurs d'arbres de leur métier. Sur les murs, les planchers, entre les poutres, sous l'escalier, près des tapis, dans le creux des abat-jour, vivaient les lutins, le bonhomme sept-heures, les fées, les éclats de chant, Lustucru, les échos de jeux ; dans les veines de la maison, courait la poésie.

Félix Leclerc, Pieds nus dans l'aube...

Wednesday, 9 January 2008

Un papillon sur la joue...

...
- Pourquoi notre cœur fait tic-tac ?
- Parce que la pluie fait flic-flac.
- Pourquoi le temps passe si vite ?
- Parce que le vent lui rend visite.
- Pourquoi tu me prends par la main ?
- Parce qu'avec toi, je suis bien.
- Pourquoi le Diable et le Bon Dieu ?
- C'est pour faire parler les curieux.

Michel Serreault et Claire Bouniach... Le Papillon...

Sunday, 6 January 2008

Well I think it's fine, building jumbo planes...


...When you crack the sky, scrapers fill the air.
Will you keep on building higher
'til there's no more room up there?
Will you make us laugh, will you make us cry?
Will you tell us when to live, will you tell us when to die?

I know we've come a long way,
We're changing day to day,
But tell me, where do the children play?


Cat Stevens...

Saturday, 5 January 2008

Y'en a qui naissent dans la dentelle et le velours ...

T'es qu'un gamin mais tu sais très bien
Les blessures, les revers du destin
T'es rien qu'un môme mais tu sais déjà
L'odeur et le prix du combat
C'est pas comme ceux qui s'font border et câliner
Ceux qu'on console ceux qu'on cajole
Faudra t'y faire, Marcel Brouillard...

Toi l'orphelin, l'dossier 32/21
Ta vie dans un foutu dossier
Pas d'racines, pas d'passé
Juste quelques feuilles de papier...

Clémentine Mitrani... Le cri du chat...

Friday, 4 January 2008

La maison de l'enfance...

Mieux vaut respirer que de cueillir les roses
Et les plus beaux jardins sont où l'on n'entre pas.

Fernand Gregh, Les Clartés humaines